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Réseau-Cétacés est membre du Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal

Le site Réseau-Cétacés a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL

 

 

Introduction - A - E - I - J - M - O - S - Conclusion

 

…bon nombre de dauphins meurent de stress à l'instant même où les marins, avec qui ils croyaient jouer, les arrêtent soudain dans leur course en leur jetant un filet devant le nez ; et parmi ceux qui survivent, certains tentent ensuite de se suicider en se jetant sur les parois de leurs bassins. Source : « Le cinquième rêve » de Patrice VAN EERSEL.

 

Photo courtoisie WDCS

 

Historique des zoos marins :

Les Américains ont été les pionniers du concept delphinarium puisque, dès 1860, le cirque Barnum exposaient des bélougas… L'Europe, quant à elle, a vu débuter les shows de dauphins en 1966, ensuite le concept est devenu international.

Cependant, Anne Collet relève que, dès l'an 1400, un marsouin barbote à Dijon, dans un bassin du palais des ducs de Bourgogne. En 1417, le Roi Charles VI en offre un exemplaire à Isabeau de Bavière, qui l'admire dans une pièce d'eau de l'hôtel Saint-Paul, à Paris. L'un de ces mammifères figure dans la ménagerie de Charles VII, au château de Chinon.

Plus près de nous, en 1860, des tursiops sont exposés vivants au Westminster Aquarium de Londres et à la station biologique d'Arcachon. En 1870, cinq bélougas excitent la curiosité des Londoniens. En 1913, à New York, on présente des tursiops et des marsouins dont le « comportement sexuel manifeste » choque la puritaine société américaine.

C'est en 1938 que la compagnie de cinéma Marine Studios, à Saint Augustine (Floride), donne à voir à la façon moderne, des tursiops, dans ce qui deviendra le fameux Marineland de Floride. Le premier dresseur de dauphins qui y travaille se nomme Adolph Frohn, et l'un des premiers pensionnaires Flippy . Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.

De nos jours, l'espèce de dauphin la plus menacée est le grand dauphin (tursiops) . Il est le plus populaire car c'est lui que l'on voit le plus souvent à la télé ou au cinéma (« Flipper », « Le Grand Bleu »), de plus il affiche, de par sa morphologie, un « sourire » permanent. Très familier avec l'homme, puisque c‘est une espèce essentiellement côtière, il est facile à capturer.

 

Photo courtoisie Paméla Carzon

 

La capture - Une intrusion violente et brutale de l'homme dans l'environnement des dauphins :

Pour bien comprendre le problème de la captivité, il est nécessaire de s'attarder sur la première étape, capitale et dramatique : la capture. Imaginez-vous un instant dans la rue en train de vaquer à vos occupations avec votre famille, quelques amis ou même seul. Soudain, des individus vous tendent une embuscade. Vous vous retrouvez empêtré dans des filets, violemment saisi, ligoté, transporté en un lieu stérile que vous ne connaissez pas, isolé de vos proches. On sait que les dauphins ont un sens du groupe extrêmement développé . Le seul stress de la capture et de la séparation suffit à en tuer certains. Alors qu'ils viennent à nous en toute innocence et prêts à nous offrir leur amitié, nous trahissons leur confiance . Source « Le livre des dauphins et des baleines » de Brigitte SIFAOUI.

Cette comparaison homme/dauphin peut paraître anthropomorphique. Toutefois les dauphins étant des animaux hautement sociaux et liés affectivement à leurs congénères, intelligents, conscients de leur existence et de leur individualité, cet exemple me parait plus qu'approprié.

La capture des dauphins dans leur élément naturel est réalisée à l'aide de filets et de lassos. La traque peut durer des heures. Les dauphins, sous le coup du stress et de la frayeur, peuvent s'échouer ou se noyer et il y a même des femelles qui avortent. De plus, leur peau est très sensible et elle se déchire sur le rebord des bateaux ou bien dans les mailles des filets.

Donc, pour capturer un dauphin, on peut se demander combien d'autres meurent… : pour chaque dauphin emprisonné en bassin dans un état de santé « acceptable », il faut compter 3 à 10 morts ! Ce taux de mortalité dû aux captures est beaucoup moins élevé que celui dû à la pollution et aux filets de pêches mais il n'est pas négligeable pour autant…

A titre d'exemple, voici un extrait issu du livre de Brigitte Sifaoui, « Le livre des dauphins et des baleines » :

Un documentaire réalisé par le reporter américain Cord Otting montre une telle capture dans les eaux du Guatemala au début des années quatre-vingt, dont le responsable est l'Allemand M. Bossenecker, notoirement impliqué dans le trafic de dauphins via la Suisse ou l'Allemagne. Dans ce film, on le voit participer à toutes les opérations et encercler un groupe de huit grands dauphins. Les animaux terrorisés, la peau marquée de plaies sanguinolentes, sont conduits dans des enclos provisoires. Bossenecker jauge ses prises d'un œil expert : il y a quelques milliers de dollars à tirer de ce « lot ». Mais son regard s'obscurcit : une vieille femelle ne se vendra pas, quant au nouveau-né qui accompagne une autre femelle, il ne trouvera aucun acheteur. Se tournant vers la caméra, Bossenecker annonce avec une générosité sarcastique la libération de ces deux animaux. Il va même jusqu'à les embrasser avant de les laisser partir. La vieille femelle tourne quelques instants autour des enclos où se trouvent ses congénères ; elle hésite à partir. Bossenecker rit de sa stupidité : « Vous voyez, elle ne saisit même pas sa chance ! ». Finalement elle s'éloigne. Quant au bébé, il restera un jour et une nuit collé aux barreaux de bois qui le séparent de sa mère, échangeant avec elle d'abondantes vocalisations . Puis il partira. 

Le livre d'Yvan Beck, Gérard Lippert, Yvon Godefroid et Gauthier Chapelle, intitulé « Liberté pour les dauphins », livre le récit, criant de vérité, d'une capture :

Nous sommes en 1981, dans le Golfe du Mexique, au large des côtes de l'Amérique Centrale.

Une famille de dauphins tursiops – quelques dizaines d'individus – se nourrissent paisiblement dans la mer écrasée de soleil. Iris, une jeune dauphine âgée de quinze ans à peine, et Ivo, son bébé, se déplacent au milieu de la petite troupe, bien protégés par les corps satinés et puissants qui les encadrent.

Le petit Ivo a deux ans. Il apprend à siffler son nom ainsi que celui de sa mère et de tous les membres du clan. On lui enseigne aussi progressivement à se servir de son sonar pour traquer les poissons, mais cet art là est difficile et il mettra plusieurs années à l'acquérir.

A cette heure, tout est calme. L'eau est tiède, salée, opaque d'une brume d'algues pulvérulentes. Iris est heureuse parmi les siens. Excellente mère comme toutes les dauphines, la bonne santé de son fils l'enchante.

Tout à coup, un dauphin siffle… le signal indique que des hommes s'approchent dans des bateaux. A la grande surprise des dauphins, ces hommes ne descendent pas dans l'eau pour se joindre à eux. Ils s'approchent brutalement, les encerclent, les rabattent. Les plus jeunes dauphins, ceux qui nagent encore près de leur mère mais que l'on suppose sevrés, sont isolés du groupe. Les parents sont chassés à coups d'explosifs. Le piège se resserre peu à peu. Des perches, des cordes, des harnais de cuir, des filets, surgissent du pont des bateaux. Sont capturés Illas, un jeune mâle de huit ans, Ina, une femelle de 18 ans, et Iris et Ivo, serrés l'un contre l'autre.

Le groupe de dauphins libres pousse des cris indignés. Ils tentent de rejoindre les deux captifs, de les sauver. Ils se jettent contre les bateaux. La lutte devient violente, du sang se répand dans la mer, le filet devient de plus en plus étroit et plusieurs hommes se lancent à l'eau. Ils enserrent Iris dans leurs bras ; ils la tirent, la tordent, manquent plusieurs fois de la noyer et finalement, aux prix d'efforts inouïs, parviennent à la hisser dans un bateau. Le bébé la rejoint bientôt sans difficulté.

Un cauchemar sans fin : Cette brusque plongée dans le «  monde de l'air » est une épreuve terrible pour Iris et son enfant, êtres aquatiques qui n'ont jamais connu que l'univers marin. On les place dans des civières de toile qui leur scient les côtes et les nageoires. De la crème est étalée sur leur peau afin d'en retarder le dessèchement, inéluctable. Le poids du corps semble plus lourd à chaque instant, la respiration se fait plus difficile.

Le bruit est infernal : portes qui se referment, moteur qui rugit, essieux qui grincent, tôles qui claquent sous les chocs de la route. Ces vibrations, insupportables pour des animaux infiniment sensibles aux moindres longueurs d'onde, les rendent fous de terreur.

Lorsque l'avion décolle, le froid devient intense. Iris ne voit pas Ivo, mais l'entend qui pleure sans cesse. Puis ce sont à nouveau des routes interminables et cahotantes dans des harnais de toile qui blessent. La peau gratte et se desquame, des crampes tordent les muscles.

Couverts d'escarres et de bleus, le corps endolori, Iris, Ivo, Illas et Ina arrivent enfin à destination : le delphinarium d'Anvers. Ils prennent peu à peu conscience des éléments qui composent leur nouvelle habitation. De l'eau sale et froide qui pique aux yeux et qui goûte le chlore. Des murs partout, ronds, lisses, sans une algue, sans une anémone. Aucun rayon de soleil pour se chauffer l'aileron. Un espace grand comme une arrière-cour, que l'on peut parcourir d'un unique coup de caudale.

En 1981, de nombreux animaux sont « hébergés » au delphinarium d'Anvers. Iris tente de protéger Ivo dans la cohue furieuse des satinés qui se frôlent et parfois se heurtent dans le bassin minuscule. Son fils ne sera jamais un vaillant « éclaireur » draguant les belles dauphines le long des côtes du Mexique, ni un « guide » émérite. Il ne sera jamais le père d'aucun enfant, nulle part. Il restera ici, avec sa mère. Jusqu'à sa mort…

Iris est décédée en mars 2003 sans avoir eu l'opportunité de recouvrer sa liberté…

NB : Les captures de cétacés sont interdites dans les eaux territoriales françaises à l'exception des territoires d'Outre-Mer.

Le transport vers le bassin :

Ensuite le dauphin est transporté dans une civière (par camion, avion etc…) vers son nouvel « habitat ».

Il s'agit là d'une autre étape éprouvante… Ces transports nécessitent un contact prolongé à l'air et le dauphin, animal aquatique, commence déjà à souffrir de déshydratation, sa respiration se modifie et devient difficile…

Le plus long transport en avion fut imposé à une orque. Une fois capturée, son voyage vers le delphinarium dura 68 heures (Howell, 1968, Taylor, 1977). Deux dauphins transportés depuis la Californie jusqu'en Floride mirent 18 heures à faire le parcours en avion. A l'arrivée, leurs « nécroses de pression » étaient telles que l'un des dauphins mourut quelques jours plus tard (Sweeney, 1988). Tout récemment, la compagnie aérienne Lufthansa a décidé qu'elle ne transporterait plus de dauphins captifs, compte tenu des souffrances infligées à l'animal et des risques trop importants (WDCS, 2000). Source Dauphin libre - Yvon GODEFROID.

L'enfermement : 

Photo courtoisie Helene O'Barry 

 

53% des dauphins capturés meurent dans les jours qui suivent leur arrivée en bassin… (Peta, 2001).

Arrivé à destination l'animal est confronté à :

* Une réduction de son espace vital :

Ce qui va réduire sa capacité de mouvement ce qui entraîne un stress permanent, cause d'une agressivité accrue, d'une perte d'appétit, d'un comportement de renfermement sur soi : pour des créatures qui nagent plus de 100 kilomètres par jour au large, évoluer dans un bassin de quelques dizaines de mètres équivaut, pour des humains, à vivre dans une cellule du château d'If ou d'Alcatraz ! Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.

L'environnement des bassins est généralement et volontairement appauvri :

… ainsi que le rappelait un célèbre dompteur de dauphins, Rocky Colombo, le fait que le bassin soit entièrement vide, nu, dépourvu de tout décor, de tout rocher, de toute algue, oblige le dauphin à s'intéresser à ce qui se passe au-dessus de la surface. C'est un stade difficile à obtenir au début du dressage : naturellement, cet animal marin prête davantage attention à ce qui se passe sous l'eau. Pour le contraindre à faire des shows, quatre ou cinq fois par jour, il faut donc que le dauphin s'ennuie. C'est une condition nécessaire à sa docilité . Source : Dauphin Libre – Yvon GODEFROID.

* Une perturbation de sa vie sociale et une perte de contr ô le sur ses activités :

En liberté, les dauphins, et les cétacés en général, mènent une vie sociale très riche dans un environnement très stimulant sur le plan sensoriel. Leur territoire s'étend généralement sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres carrés et les activités principales sont la recherche d'invertébrés dans les fonds, l'exploration sur de longues distances, la chasse en groupe, la socialisation, les jeux et les échanges vocaux, l'éducation des petits etc… Les contacts intergénérationnels restent fréquents durant toute la vie. En captivité, le manque d'espace, l'oisiveté forcée, la perte de tout contrôle sur ses propres activités et son environnement, au sein d'une vie sociale réduite à quelques individus, de culture et de langage différents, sont la cause principale de souffrance et de décès pour le dauphin.

La plupart des scientifiques non payés par l'industrie de la captivité reconnaissent les immenses difficultés rencontrées pour offrir des conditions de captivité compatibles avec les besoins des cétacés. Il reste en effet impossible de reproduire tant leur environnement physique (grandes dimensions, tridimensionnalité, rythme des marées), que leur environnement psychosocial (structure sociale complexe). Source « Liberté pour les dauphins » de Yvan BECK, Gérard LIPPERT, Yvon GODEFROID et Gauthier CHAPELLE.

 

Photo Courtoisie WDCS

* Une modification de son régime alimentaire :

En effet, le dauphin captif va devoir adopter un nouveau mode d'alimentation, celui que René Vestri (Président de l'Association SOS Grand Bleu) appelle le régime « vivagel – findus »  : des poissons morts et gelés – et faire accepter ce nouveau « repas » au dauphin n'est pas une tache facile, en effet habitué à chasser des poissons vivants, il conçoit difficilement que le poisson mort puisse être de la nourriture et peut refuser de s'alimenter. Si tel est le cas, les dresseurs auront recours au gavage forcé par intubation directe dans l'estomac afin de maintenir l'animal en vie, et ce, jusqu'à ce qu'il se résigne à son nouveau régime alimentaire…

* Des pathologies physiques ou psychologiques caractéristiques :

L'espérance de vie d'un dauphin libre est de 45 ans pour un mâle et de 55 ans pour une femelle, elle n'est que de 20 ans pour un dauphin captif…

Le taux de mortalité excessivement élevé en delphinarium que l'on retrouve partout dans le monde, démontre à quel point le dauphin est inadapté à la captivité. La mort survient la plupart du temps suite à des pathologies variées, liées directement ou indirectement au stress que l'animal n'arrive pas à surmonter, comme les troubles de la reproduction, les surinfections, les comportements autistes. Source « Liberté pour les dauphins » de Yvan BECK, Gérard LIPPERT, Yvon GODEFROID et Gauthier CHAPELLE.

Pour éviter que les visiteurs réguliers ne se rendent compte des décès, les delphinarium ne sont pas à cours de stratagèmes. Par exemple :

Dans le monde magique de Sea World, tous les dauphins s'appellent Shamu et Kandu, de telle sorte qu'en cas de maladie ou de décès le public ne s'aperçoit de rien. Années après années, il vient applaudir ces « vedettes » de piscines et rend hommage à leur « extraordinaire longévité ». Source : « Le souffle de la mer » de René VESTRI.

- Les pathologies physiques :

La peau des dauphins est très fragile et l'eau des bassins de captivité provoque très rapidement sa dégénérescence ainsi que  des pathologies telles que des ulcérations, des blessures cutanées infectées et de l'eczéma.

D'autres pathologies moins visibles se manifestent et touchent des organes internes, par exemple, le tube digestif et les voies respiratoires. L'animal captif peut souffrir de maladies mortelles telles que des entérites ou des bronchites. Certains dauphins sont presque constamment traités par antibiotiques !

A cause de l'étroitesse des bassins de captivité, les dauphins peuvent être atteint de surdité : les cliquetis de leur sonar rebondissent en permanence contre les parois .

Les bassins couverts « offrent » des risques de pathologies supplémentaires, en effet, l e manque de soleil a des effets néfastes pour le dauphin captif :

Même si le contact prolongé au soleil peut brûler la peau sensible de l'animal, il lui est tout de même bénéfique de profiter des bienfaits de ses rayons. En effet, à cause du manque de soleil, le dauphin peut souffrir :

- de dépigmentation de la peau,

- d'une carence en vitamine D. Cette vitamine a pourtant un rôle important puisque c'est elle qui contribue à la fixation du calcium dans l'organisme. Rappelons que le calcium joue un rôle prépondérant dans la solidité du squelette et des os.

D'autres facteurs tels que le chlore présent dans l'eau du bassin, la prise de médicaments, pour palier la carence de vitamines dans la nourriture après sa congélation, vont contribuer à la dégradation de la santé du dauphin.

La pollution naturelle de l'eau des bassins est tout aussi néfaste sachant qu'un dauphin rejète 4 litres d'urine et 1,4 kg de matières fécales par jour. L es systèmes épuration des bassins sont-ils suffisamment efficaces ?

- Les anomalies comportementales dont peuvent souffrir les dauphins captifs (liste non exhaustive) :

Les troubles psychologiques :

Voici un extrait issu du livre   « Les dauphins et la liberté » de Jacques-Yves Cousteau :

Falco, le plongeur de l'Equipe Cousteau, vient de capturer un dauphin et s'apprête à l'introduire dans un bassin, lequel est déjà habité par une dauphine prénommée Kiki  :

Il (Falco) le met dans le bassin où se trouve Kiki et le promène doucement en le guidant. Mais la nouvelle venue – c'est encore une femelle – lui échappe et se jette la tête la première contre la paroi du bassin. C'est horrible. Falco la rattrape, la soulève, lui parle, s'efforce de la calmer, mais elle s'élance de nouveau et s'assomme contre la paroi avec le même bruit affreux. A 13H30 elle réussit à se tuer en se jetant à quelques 50 à l'heure d'un bord à l'autre du bassin. L'agonie est terrible. La bête part sur le côté. Elle tremble de tout son corps. Elle se raidit. Les poumons se remplissent d'eau en glougloutant comme une outre.

Falco était seul pour assister à ce drame et c'est le cœur retourné qu'il appelle le Dr Beck. Tous deux ouvrent le ventre de l'animal et en retirent un très beau petit dauphin d'un kilo et demi, tout formé, mais malheureusement mort.

Peu de temps après, un mâle est enfin capturé. Il est surnommé Beps. Mais il connaît la même mort que la femelle pleine : lui aussi se jette de toutes ses forces contre le mur du bassin et il se tue à la troisième tentative ».

La pauvre Kiki, quant à elle, est décédée après 6 mois de captivité…

L'agressivité est également de mise en bassin. Certes, les conflits inter-congénères existent également chez les dauphins libres, mais, du fait que les individus ont de multiples possibilités de fuite, ces combats restent moins dangereux.

Les rapports d'inventaire relatifs aux mammifères marins captifs laissent deviner qu'un nombre important de décès résultent directement des dommages traumatiques dus à ce genre de combats : "hémorragie", "blessures infligées par un dauphin mâle", "hémorragie cérébrale traumatique", "tué par un autre animal", "décès associé à la rupture de la mâchoire", "sauté hors du bassin" ou "rupture de la colonne vertébrale» sont des mentions fréquentes dans ce type de document. Source : Dauphin Libre – Yvon GODEFROID.

Le comportement des dauphins captifs est presque similaire à celui des personnes autistes : repli sur soi, impossibilité de communiquer avec le monde extérieur. Ils vont droit devant eux, sans but, ils tournent en rond, toujours dans le même sens, et souvent dans le sens anti-physiologique par excellence, c'est-à-dire dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Avec les années, certains de leurs muscles s'atrophient et l'ossature se déforme. Source : « Liberté pour les dauphins »  de Yvan BECK, Gérard LIPPERT, Yvon GODEFROID et Gauthier CHAPELLE.

- Troubles du comportement sexuel :

Les mâles se montrent brutaux. Ils agressent. Ils frottent leur pénis sur tout ce qui bouge. Ils ont des pulsions de viol. Ils se mettent à plusieurs pour attaquer et forcer les femelles. La masturbation devient obsessionnelle. Les dauphines se servent d'objets pour apaiser leur libido…  Source : « La vie secrète des dauphins » - Yves PACCALET.

La reproduction est, elle aussi, fragile, en effet beaucoup de naissances échouent en captivité :

Jay Sweeney, tristement célèbre trafiquant de dauphins, a lui-même déclaré que 50% des dauphins nés en captivité meurent avant d'avoir atteint l'âge de 1 an…

Mais il arrive également que la femelle avorte ou accouche d'un delphineau mort-né…

Ce taux élevé de mortalité est dû :

- Au fait que les dauphines ont bien souvent été capturées et enfermées trop jeunes si bien qu'elle n'ont jamais eu l'occasion de voir comment leurs congénères s'occupaient de leurs petits (rappelons que l'apprentissage chez les dauphins se fait principalement par mimétisme, c'est-à-dire en regardant les congénères faire).

- A la difficulté pour la dauphine d'allaiter son petit, et ce à cause du stress et de l'impossibilité pour elle et son petit de s'isoler si le besoin s'en fait sentir. Afin que cet isolement soit possible, certains delphinariums retirent un temps les mâles du bassin ou bien isolent la maman et son petit dans un autre bassin…

- Au non-respect de l'équilibre des sexes : en captivité l'équilibre des sexes est renversé, les femelles sont souvent plus nombreuses que les mâles tandis qu'en milieu naturel la proportion est de deux mâles pour une femelle. Cette situation génère des conflits entre les femelles fécondées et les autres, ces dernières pourraient être capables d'infanticide.

Concernant les infanticides, une sérieuse hypothèse selon laquelle certaines dauphines préfèreraient commettre un tel acte que d'éduquer un delphineau captif a été émise (voir le paragraphe : WEST EDMONTON MALL : un delphinarium dans un centre commercial !).

Des cas d'infanticide ont déjà été observés chez les dauphins : il est rapporté, par exemple, qu'une dauphine a tué son delphineau de façon delibérée alors que ce dernier souffrait d'une grave jaunisse et était condamné (Filela et al. 86). Les dauphines captives pourraient-elles « trancher » de la même manière ?

Même s'il survit, le delphineau captif n'aura pas un développement comparable à celui d'un animal libre :

- son capital génétique est affaibli du fait des croisements réguliers entre les mêmes dauphins captifs,

- le lait qui lui est donné par sa maman n'est pas aussi riche que celui des dauphines libres,

- dès la naissance des antibiotiques lui sont donnés,

- il souffre d'une atrophie musculaire due au manque d'exercice adapté,

- il ne fait aucun usage de son sonar.

Le delphineau sera ensuite vendu à un autre delphinarium ou bien restera avec sa mère toute sa vie durant. Aucune de ces deux solutions ne correspond à la réalité des dauphins libres, en effet logiquement un mâle quitte les siens vers l'âge de 12 ou 15 ans.

Dans le cas des orques, on sait que c'est peu avant le sevrage que le bébé est brutalement arraché à sa mère. Quand on mesure ce que signifie la maternité chez les cétacés, il va de soi que cette séparation représente une souffrance atroce, tant pour la mère que pour l'enfant.

… une orque captive de San Diego a ainsi tenté de tuer le dolphin-trainer qui lui avait volé son enfant. Le plus souvent cet enlèvement se solde chez les mères par une dépression grave, souvent soignée aux sédatifs et aux antidépresseurs. Les morts de nouveaux-nés s'accompagnent également de « phénomènes de deuil », souvent lourd à gérer pour l'équipe médicale. Source Dauphin libre - Yvon GODEFROID.

Même les naissances de deuxième génération (dauphin nés de parents captifs) connaissent des échecs retentissants…

L'inceste peut également être de mise, c'est ainsi que la dauphine Iris s'est retrouvée enceinte de son propre fils…

 

Le dressage : 

 

Photo courtoisie Paméla Carzon

Une fois leur nouveau « pensionnaire » arrivé, les dresseurs vont tout mettre en œuvre pour « briser » la résistance du dauphin et l'obliger à accepter l'obéissance absolue. Le pré-dressage consiste à faire accepter au dauphin, entre autre, du poisson mort et gelé ; si tel n'est pas le cas, ils auront recours à une intubation directe et forcée dans l'estomac du dauphin.

Pour les dauphins nés en captivité, le dressage est beaucoup plus facile et commence après le sevrage. Le delphineau qui observe sa maman, laquelle se soumet aux volontés des dresseurs, fera naturellement la même chose.

Chaque individu est extrêmement différent d'un autre et son dressage variera en conséquence.

L'apprentissage dure toute la vie du dauphin et, en général, il apprend ses nouveaux « tours » en hiver, lorsqu'il y a moins de spectateurs et que les heures d'ouverture sont réduites ou inexistantes. En principe, il faut chaque année renouveler le show pour que le dauphin y trouve un intérêt, si petit soit-il.

Cependant, il est fait état d'une tentative de dressage qui s'est révélée être un véritable échec : Iris refusait d'effectuer le moindre show. C'est un cas exceptionnel.

En cas de résistance grave, l'isolement est utilisé… 

 

A propos de dressage, voici l'extrait un texte publié sur le site « Dolphin Project » qui est en fait issu d'un d'un entretien entre Helene et Ric O'Barry et deux dresseurs cubains… ( http://www.dolphinproject.org/ ) : 

Confession d'un dresseur :

Par Helene O'Barry

«  Pour de la nourriture et un peu d'affection, elle ferait n'importe quoi  »

Enfin la vérité ! C'était un jour chaud de l'été 1997. Ric O'Barry et moi-même étions assis à une table, en plein air, dans un centre proposant des programmes de nage avec les dauphins à Veradero, Cuba, une destination touristique pour les tours-opérateurs Européens et Sud Américains. De l'autre côté de la table, se trouvaient un dresseur de dauphins, prénommé Armando, et sa femme Heidi, de nationalité Suisse. 

Armando, natif de Cuba, a plus de 14 ans d'expérience dans le dressage des dauphins, il a également participé au dressage de dauphins militaires à l'époque où les Russes étaient encore à Cuba. Il apprend à Heidi à devenir une dresseuse professionnelle

Ric et moi étions à Cuba afin de trouver des moyens de stopper le trafic de dauphins. Nous avons eu beaucoup de difficultés à cacher notre effroi à la vue de sept dauphins (des tursiops) se languissant devant nous dans une petite piscine peu profonde, sans aucun accès vers la mer et sans ombre malgré un soleil brûlant.

Pensant que nous étions juste un couple de touristes et tandis que nous étions assis à l'ombre d'un palmier, Armando et Heidi étaient très impatients de discuter avec des étrangers à propos de leur travail et de leur vie à Cuba.

Durant notre conversation, Armando et Heidi ont fréquemment exprimé leur frustration de devoir vivre captifs à Cuba, en effet, Armando n'est pas autorisé à quitter l'île. Ils trouvaient leur privation de liberté tout à fait inacceptable, ce qui était légitime. La manière dont ils parlaient avec compassion de leurs propres souffrances dues à la politique du gouvernement était ironique, ils négligeaient le fait que, quotidiennement, ils imposaient le même contrôle et les mêmes restrictions aux dauphins.

Ric et d'autres anciens dresseurs ont souvent alerté le public sur la privation de nourriture utilisée comme une méthode pour contrôler les dauphins captifs, et maintenant nous l'entendions de la propre bouche de l'industrie de la captivité laquelle, habituellement, fait croire au public que les dauphins exécutent les shows parce qu'ils aiment ça. Plus que de répondre à nos questions sur les méthodes utilisées dans le dressage des dauphins, Armando et Heidi nous ont raconté l'histoire des shows de dauphins : pas par amusement, mais pour la nourriture.

Q : N'est-il pas difficile d'entraîner les dauphins à faire des tours ?

Armando : Non, c'est tout à fait simple. Si je punis les dauphins lorsqu'ils ne sont pas attentifs, ils comprennent le message.

Q : Que voulez-vous dire par punition ?

Armando : Avec les dauphins, il y a plusieurs niveaux de punition. Lorsque le dauphin coopère durant un entraînement et fait ce que je lui demande, je souffle dans mon sifflet et je le récompense en le nourrissant convenablement. Mais s'il refuse d'exécuter correctement un exercice, je lui dis « Non, viens ici, ce n'est pas correct ! », je lui tourne le dos et je ne le nourris pas. Un autre moyen de punir un dauphin est de lui donner de la nourriture, mais pas celle à laquelle il s'attend. Par exemple, je coupe le poisson de plusieurs tailles avec des morceaux de qualité différente. Cela me donne le choix de nourrir les dauphins avec de bons morceaux, des morceaux de qualité moyenne ou de mauvais morceaux. Le mauvais morceau est la tête. Je sais que les dauphins attendent toujours après un bon morceau, donc, quand je veux les punir, je leur donne la tête du poisson. Si le dauphin continue de mal exécuter l'exercice, je lui dis « non » une nouvelle fois et je lui donne le signal manuel pour « mauvais ». Je ne le nourris pas. En revanche, s'il exécute le bon tour, c'est génial, je le nourris. De cette manière, je lui fais savoir qu'il a fait quelque chose de bien, et la fois d'après il fera exactement ce que je veux.

Q – Pouvez-vous nourrir un dauphin même s'il n'exécute pas le bon tour ?

Heidi : Non. Si vous nourrissez les dauphins alors qu'ils flânent ou qu'ils ne réalisent pas correctement leurs tours, ils vont penser : « Ha, je flâne et elle me donne à manger ». Les dauphins testent en permanence vos limites. Parfois, ils arrivent droit sur vous, ouvrent leurs becs : « nourris-moi ! ». Si vous acceptez ce comportement et que vous les nourrissez, ils penseront : « Hey, elle accepte ça ». La session de dressage sera perdue car les animaux n'éprouveront aucun respect pour vous.

Armando : Aimer simplement les animaux n'est pas suffisant pour les dresser. Ces gars jouent un jeu avec vous. Ils vous observent tout le temps et vous provoquent à chaque fois qu'ils en ont l'occasion. C'est dans ces moments qu'il faut dire : « Non. Fais ce que je te dis. Arrête de flâner ». Vous devez comprendre que les dauphins sont des animaux très intelligents. Si vous acceptez une mauvaise performance rien qu'une fois, la fois d'après c'est le dauphin qui commencera à vous dresser.

Heidi : Parfois vous devez ressentir pas exactement de la pitié pour le dauphin mais quelque chose comme « Je sais que tu as faim et je veux te donner à manger ». Mais si vous voulez être un bon dresseur vous ne devez pas perdre de vue que le temps consacré à l'entraînement n'est pas pour s'attacher ou jouer. Vous devez prouver aux dauphins que vous êtes plus fort qu'eux, parce que sans discipline, vous perdez le contrôle.

Armando : Les méthodes utilisées pour le dressage des dauphins sont en effet très strictes, autant que les méthodes militaires envers les soldats. Par conséquent, les dauphins captifs sont exposés à un stress non négligeable, cause de dépression, agression, activité sexuelle accrue.

En tant que dresseur de dauphins, mon travail consiste à faire la balance : je dois savoir à quel moment je peux laisser un peu de leste et autoriser le dauphin à relâcher la « pression », et a quel moment je dois dire « Arrête de flâner ». Vous voyez, le public vient ici avec des attentes. Les gens veulent nager avec les dauphins, les toucher, les chevaucher et les regarder faire des shows. Si un dauphin est stressé ou se comporte brutalement, je ne peux pas le faire interagir avec les gens dans l'eau. Lorsque vous êtes dresseur de dauphin, un seul dauphin dépressif ou agressif suffit pour ruiner votre vie.

Q – Que se passe t-il lorsque vous entraînez les dauphins à un moment où ils n'ont pas faim ?

Armando : Si les dauphins n'ont pas faim, oubliez l'idée de les faire sauter pour vous ! C'est comme ça que ça fonctionne : quand un dauphin a réellement faim et que je tiens haut un poisson, il sautera pour attraper le poisson. S'il n'a pas faim il ouvrira juste son bec et me regardera : « Viens humain, ma bouche est ouverte, donne-moi le poisson ! ». Mais je ne lui donnerai pas bien sûr. Si je le faisais, il perdrait tout respect à mon égard. C'est réellement un jeu d'esprit.

Heidi : Parfois, les dauphins savent exactement ce que vous voulez qu'ils fassent, mais ils ne le font pas. A la place, ils viennent vers vous en faisant un signe de leurs nageoires pectorales, en vous faisant un grand sourire : « Je veux du poisson ». C'est à ce moment là qu'il faut dire « Non ! ».

Armando : La discipline doit être de rigueur. Lorsque les dauphins ne sont pas attentifs durant la séance de dressage – si par exemple ils se battent ou bien paradent comme des machos – j'attrape tout simplement le sceau à poisson et je leur dis « Bonne journée ».

Heidi : Vous attendez 10 à 15 minutes et vous recommencez. S'ils continuent de flâner, vous leur tournez le dos et leur dites : « Donc vous ne voulez pas manger ? ».

Q – Ainsi ils coopèrent ?

Armando : Oh oui. Si j'emporte le poisson loin des dauphins et que j'abandonne la plate forme de nourrissage pendant 15 minutes, ils auront complètement changé lorsque je me représenterai et ils seront attentifs. Je peux vous donner un très bon exemple avec une dauphine surnommée Kristina. Lorsque durant un entraînement elle me provoque en frappant la balle avec sa queue et non avec son rostre comme je le lui demande, je prends le sceau à poisson et je luis dis « A plus tard ». Lorsque je reviens, elle fait le bon numéro, parce qu'elle aime manger. C'est une très bonne travailleuse. Pour de la nourriture et un peu d'affection, elle ferait n'importe quoi.

Q – Donc vous contrôlez les dauphins grâce à la nourriture ?

Heidi : Après tout, ce qu'ils veulent c'est manger. Leur but est de manger.

 

Les arguments avancés par l'industrie de la captivité pour justifier l'existence des delphinariums :

 

« Les dauphins sont détenus dans un but scientifique » ...

Dans les années 1960, de sérieuses recherches ont effectivement été menées en collaboration avec des dauphins captifs : sonar, biologie etc…

En 1970, toutes les études possibles sur les dauphins captifs avaient été effectuées : fin des recherches, d'autant que l'influence du dressage avait été jugée perturbante pour l'objectivité des études. L'observation des cétacés dans leur milieu naturel a donc vu le jour et, aujourd'hui, de grands spécialistes nous ont prouvé qu'il était possible de tirer de très intéressantes conclusions de l'observation des cétacés libres.

Cependant, à l'heure actuelle, les zoos marins continuent de soutenir qu'ils ont un rôle non négligeable, voire important, dans la recherche…

Il convient donc de souligner que les études menées sur des animaux captifs sont propres à la captivité et ne peuvent être, en aucun cas, applicables aux animaux sauvages. Ces études portent principalement sur :

- le taux de mortalité en captivité,

- les techniques de dressage,

- les maladies développées en captivité

- la médication indispensable à la survie d'animaux captifs !!!!!

Et lorsque les delphinariums sont interrogés sur les moyens de prévenir certaines maladies virales affectant les cétacés dans leur milieu naturel, telles que le moribilli virus par exemple, ils sont incapables de répondre !

Etant donné la différence de mode de vie existant entre un dauphin captif et un dauphin libre, il est dangereux d'appliquer les études menées sur un animal captif à un animal évoluant librement en milieu naturel.

La plupart des renseignements obtenus sur des animaux captifs sont tronqués. En effet, le régime alimentaire des dauphins captifs affecte probablement leur croissance, ils développent des maladies propres à la captivité… Sans parler des études comportementales, lesquelles n'ont aucune valeur puisque la captivité modifie le comportement des individus.

Cependant, deux centres de recherche, le Kewalo Basin Laboratory et le Project Delphis mènent des études dont l'intérêt ne peut être nié.

Mais ces centres disposent avant tout de gros moyens financiers versés par la US Navy puisque les recherches sont du domaine militaire. Cette « aisance » financière permet de maintenir les dauphins, qui évoluent dans une eau de mer naturelle, en excellente santé et de les stimuler sans cesse.

NB : attention, je tente de rester objective par rapport au fait que certains centres effectuent des recherches sérieuses, mais loin de moi l'idée de faire l'apologie de la captivité !

Est-il possible de mener de telles études avec des dauphins libres ?

Oui, naturellement, des spécialistes ont déjà prouvé que c'était possible (Hardy Jones, Rachel Smolker etc…) d'autant qu'à l'heure actuelle de nombreux dauphins, solitaires ou en groupe, nous offre un tremplin d'observation exceptionnelle puisqu'il évoluent près du littoral, sont habitués à la proximité humaine et initient des contacts inter-espèces : les dauphins de Monkey-Mia, les dauphins de Panama City etc… Sans oublier les dauphins ambassadeurs !

« Les dauphins sont détenus dans un but pédagogique » ...

La « communauté delphinienne » est beaucoup trop riche et complexe pour que l'on se limite à l'observation d'un groupe « reconstitué », qui évolue dans un environnement qui ne lui est pas naturel, exécutant des shows montés de toutes pièces.

Qu'apprenons-nous de la richesse culturelle et comportementale des dauphins en allant dans un delphinarium ? Qu'ils sont capables d'effectuer des shows pour obtenir leur pitance, c'est tout !

un dauphin captif qui n'offre plus que le triste spectacle de ce qu'on lui inculque, n'est rien quand on le compare à un animal libre. Dans sa totalité, corps et culture. C'est une enveloppe vide, sans substance, dans un environnement fabriqué et appauvri. Il ne nous apprend rien, sinon qu'il pousse nos enfants à entretenir l‘idée d'une domination de l'homme sur les autres formes de vie. Sans respect pour son droit le plus fondamental, la liberté. On le prend et on le remplace, tel un objet qu'on aurait cassé.

En revanche, observer dans sa réalité, là où il s'exprime, en mer, le comportement tant individuel que social d'une espèce aussi évoluée que les dauphins, c'est accepter l'intelligence d'autres espèces qui ont su développer, dans leur milieu, des capacités souvent bien supérieures à celles des hommes. C'est apprendre l'un et l'autre.

C'est poser les fondements d'un univers de respect et de tolérance. Cette approche, amorcée vers d'autres formes de vie, s'étend bien sûr à l'homme. Elle ouvre enfants et adultes au monde qui les héberge dans le respect des différences et de la diversité des cultures. Sans jugement ni exclusion péremptoire. N'est-ce pas là, l'essence même d'un message éducatif  ? Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.

D'autant plus qu'il existe, aujourd'hui, d'autres méthodes permettant d'observer les cétacés et d'apprendre d'eux : les films-vidéos, les documents multi-médias et même le « whale-watching » (observation des cétacés dans leur milieu naturel par le biais d'une expédition en mer), à condition qu'il soit pratiqué dans le respect de l'animal.

D'autres arguments sont mis en avant par l'industrie de la captivité, tels que :

- Les dangers encourus par les dauphins dans leur milieu naturel (filets, pollution etc…), dangers inexistants dans les bassins captivité :

Or, chaque être vivant est soumis quotidiennement à des dangers susceptibles de mettre sa vie en péril… La privation de liberté n'est pas la solution, d'autant que d'autres dangers surviennent en captivité.

- Un dauphin captif doit le rester sa vie durant car il serait incapable de survivre en milieu naturel :

Il est vrai que si l'on remet un dauphin captif en liberté il y a tout un processus de ré-intégration à l'océan à mettre en œuvre, il faut parvenir à ce que l'animal, habitué au contact humain, se détache peu à peu de l'homme, lui apprendre à chasser et à manger des poissons vivants, lui apprendre à utiliser son sonar et plonger en profondeur, soigner les pathologies physiques et comportementales contractées lors et à cause de la captivité, etc…

La ré-intégration d'un animal captif dans son milieu naturel n'est pas simple, c'est vrai - les ex-pensionnaires des delphinariums ne sont pas toujours acceptés par leurs congénères sauvages (le problème se pose particulièrement pour les mâles adultes) : isolé du reste du groupe, l'animal éprouvera donc des difficultés, entre autre, pour se nourrir. Parfois, certains retournent vers leur ancien enclos - mais reste possible !

Les difficultés rencontrées lors d'un processus de réhabilitation démontrent bien que la captivité et le dressage brisent la nature même de l'animal.

Ce processus de réhabilitation a lieu dans une structure prévue pour ce type de mission, et est encadré d'une équipe de spécialistes qui vont procéder étape par étape afin de rendre l'animal autonome.

Ric O'Barry, ancien dresseur, entre autre pour la série relatant les aventures de Flipper, lutte aujourd'hui avec acharnement pour la libération des dauphins captifs et leur ré-intégration dans leur milieu naturel.

 

Un très beau reportage de près de 4H30 relate ses efforts de réhabilitation d'une dauphine captive, Stefania : « l'Odyssée Bleue ».

Stefania n'a malheureusement pas pu être relâchée dans son milieu naturel. Elle vit aujourd'hui sur la côte colombienne, dans un enclos de semi-liberté (dans un lagon d'eau de mer), elle doit toujours effectuer quelques shows, mais elle bénéficie de meilleures conditions de vie qu'au préalable lorsqu'elle évoluait dans un tout petit bassin d'eau chlorée dans un aquarium piteux à l'hygiène plus que douteuse.

Il ne faut en effet pas confondre la réhabilitation et la remise en liberté dans l'environnement d'origine : le premier terme ne représentant qu'une étape du deuxième. Seuls les dauphins capables d'être relâchés sont ré-intégrés à leur milieu naturel, les autres seront ré-orientés vers un bassin de semi-liberté comme Stefania.

A ce jour, plusieurs tentatives de réhabilitation ont parfaitement réussi . En voici un exemple :

Un dauphin, surnommé Flipper, a été sauvé d'épouvantables conditions de captivité, dans un parc d'attractions au Brésil, puis réhabilité par Ric O'Barry afin de pouvoir réintégrer son environnement naturel.

La première fois que j'ai vu Flipper, j'ai eu un choc. Je n'avais jamais vu un dauphin dans un tel état. Il avait les yeux presque fermés tellement ils étaient gonflés, et sa peau était pâle et boursouflée. Plus de sonar. Sous sa nageoire pectorale on apercevait une horrible dépigmentation causée par des champignons… Il vivait dans ce qu'on pourrait appeler un cloaque d'environ cinq mètres de profondeur avec au moins un mètre de vase au fond. Ce parc d'attractions installé à Santos, une plage touristique, était une vraie ruine . (Source « Pour sauver un dauphin » de Richard O' BARRY et Keith COULBOURN).

Flipper a donc été transféré vers un enclos dans la baie où il avait été capturé afin de suivre son processus de réhabilitation et que Ric O'Barry puisse évaluer ses chances de survie en plein océan…

Une fois l'animal jugé capable de ré-intégrer son environnement naturel :  … nous nous préparâmes à la phase finale : la libération de Flipper… J'ai alors brandi mon couteau pour que tout le monde le voie bien et je me suis mis à l'eau. J'ai nagé jusqu'au filet et y ai pratiqué une grande ouverture béante. La scène était filmée en vidéo. Puis, Flipper à mes côtés, je suis sorti de l'enclos. Cette dernière opération a cependant exigé un certain temps parce que le dauphin, troublé, avait peur de passer la brèche. Et il s'est enfin décidé. Il a nagé près de moi pendant un bon moment. Et puis soudain, je ne l'ai plus vu. Il avait disparu. Ce n'est que plus tard que j'ai pu l'observer en compagnie d'un groupe de dauphins qui fréquentaient le secteur…  

Les médias, qui nous avaient suivis pas à pas, continuèrent de donner des nouvelles de Flipper chaque fois que quelqu'un l'apercevait près d'une plage, jouant ou acceptant de la nourriture offerte par les nageurs ou les surfeurs….

Cela faisait quarante-deux jours que Flipper était libre lorsque je reçus un appel urgent du Dr Carnaro me signalant qu'il avait des problèmes. Il m'annonça :

- Je crois qu'il a dû s'esquinter.

- Comment cela s'esquinter ? demandais-je.

- Oui, il a des marques sur le flanc, des traces blanches, comme s'il avait été drossé sur des rochers.

- Décrivez-moi ces marques, lui dis-je.

- Ric, je me trouve sur une plage… et je suis dans une cabine téléphonique… je suis courbé en deux et je l'aperçois de loin. Vous m'entendez bien ?

- Oui, allez-y.

- Je mets mes doigts en perspective et je les applique sur son flanc…

- Et ça fait combien à votre avis ?

- Les marques ?

- Oui, leur longueur ?

- Moins de vingt centimètres.

- Ah ! bon ! fis-je soulagé. Tout va bien. Il n'est pas blessé, rassurez-vous. Ce sont des marques de dents. Rien d'inquiétant. Quand les dauphins jouent entre eux ou se battent, ils s'attrapent par la bouche et leurs dents laissent des traînées. Ce la signifie que Flipper est entrain de se faire des copains – du moins il essaie.

- Et à distance, comme ça, vous êtes sûr de ce que vous dites ?

- Même à un million de kilomètres ! J'ai déjà observé ça très souvent.

Mais le vétérinaire pensait toujours que la situation réclamait ma présence et il insista tellement que je finis par retourner au Brésil : à Bombinhas Beach, 150 kilomètres au sud du lieu de réhabilitation de Flipper… J'aperçus Flipper dans mes jumelles. Il s'amusait dans les rouleaux avec un groupe de surfers. ‘Il me paraît en pleine forme, dis-je. Mais je préfère aller y voir de plus près'. J'empruntai une planche de surf et rejoignis à la nage l'endroit où s'ébattait Flipper. Je me mêlai aux autres surfeurs pour que Flipper ne puisse pas me reconnaître. Je m'approchai de lui et vérifiai que ses marques correspondaient bien à celles que les dauphins se font entre eux. A part cela, tout allait bien. Il n'avait même pas perdu de poids. Tandis que j'évoluai avec les surfeurs, Flipper se lassa, s'éloigna et commença à poursuivre des poissons pour son dîner… (Source « Pour sauver un dauphin » de Richard O' Barry et Keith Coulbourn).

 

Photo courtoisie Ric O'Barry (Ric O'Barry & Flipper)

Même libre, Flipper, probablement non sevré de la compagnie humaine, a continué quelques temps à partager son existence entre les siens et les hommes…

Flipper a finalement évité les contacts avec les baigneurs et est reparti vers le large…

 

FAIT D'ACTUALITE : 

WEST EDMONTON MALL : un delphinarium dans un centre commercial !

Au Canada, un delphinarium a été construit au beau milieu d'une galerie marchande !

C'est l'un des plus tristement célèbres chasseurs de dauphins, Jay Sweeney, qui a capturé 4 jeunes tursiops en 1985 pour le compte du West Edmonton Mall.

Durant cette capture, 3 dauphins sont morts…

En juillet 2002, un delphineau mort juste après sa naissance, flottait en surface.

Sa maman tentait en vain de ramener à la vie en le poussant délicatement avec son rostre.

La décision de laisser le delphineau mort dans le bassin émanait des dresseurs qui pensaient que c'était un moyen pour que les parents fassent leur deuil…

C'était le troisième bébé d'une dauphine tursiops, nommée Mavis, mais ces deux précédents bébés sont morts de la même façon.

Les clients du centre commercial ont été témoins du drame et la SPA d'Edmonton a reçu de nombreuses réclamations de leur part. La porte-parole de la SPA, quant à elle, a estimé que la décision des dresseurs de laisser flotter le cadavre du bébé était juste, toujours pour permettre aux parents de faire leur deuil.

Suite à ce décès, deux hypothèses ont été émises :

•  La fameuse « sage-femelle » n'était pas présente, pour assister la maman et particulièrement le delphineau.

•  La maman a préféré commettre un infanticide plutôt que de laisser vivre son bébé en détention.

En août 2001, l'une des dauphines capturées, prénommée Marie, décède des suites d'une ingestion de pièces de monnaie et objets divers jetés dans le bassin par les clients du centre commercial.

Quelques mois plus tôt, l'un de ses congénères, Gary, a succombé à l'âge de 20 ans et après 16 ans de captivité.

Pour les deux pensionnaires encore en vie, Mavis et Howard, et selon un militant actif, prénommé Alan Cooper, la réintégration en milieu naturel serait tout à fait possible. De plus, le lieu de capture des dauphins et la population de laquelle ils proviennent sont connus, ce qui faciliterait les choses.

Les principaux points noirs concernant la captivité au centre commercial d'Edmonton, outre ceux communs à tous les delphinarium, sont les suivants :

•  Petitesse du bassin. Notons que quelques jours avant le décès du delphineau de Mavis et de Howard, la SPA d'Edmonton a « inspecté » le bassin et l'a déclaré aux normes…

•  Il faut au moins 3 ou 4 individus pour composer un groupe social en captivité, à Edmonton, ils ne sont plus que deux. Que va t-il se passer quand l'un des deux va mourir ? Le survivant succombera à son tour à cause de la solitude. A moins que les responsables de Edmonton ne décident d'aller capturer d'autres dauphins. Ces deux solutions sont aussi pitoyables l'une que l'autre… *

•  Les clients jettent des objets divers dans le bassin (pièces de monnaie par exemple) que les dauphins avalent pour tromper l'ennui.

* Mavis est finalement décédée le 23 juillet 2003, près d'un an jour pour jour après son delphineau, elle était âgée de 23 ans… L'autopsie de sa dépouille n'a pas permis de révéler les causes de son décès. Cependant, Elle refusait de s'alimenter de manière régulière depuis la mort de son delphineau. Le chagrin l'aurait-il tuée ? Howard est donc désormais seul… Peut-être va t-il être transféré vers un autre bassin…

Pour en savoir plus : http://www.dauphinlibre.be/edmon.htm

QUESTIONS D'ACTUALITE : 

Pour ou contre les enclos de semi-captivité (ou semi-liberté) ?

Ce sont des enclos installés en mer, certains dauphins en sont prisonniers et sont mis à la disposition du public dans le cadre d'un programme de delphinothérapie par exemple. Mais cette méthode n'est-elle pas tout aussi cruelle que la captivité dans un bassin de béton ?

Dans les deux cas le dauphin est enfermé, mais en semi-captivité, il perçoit le goût, les sons, les mouvements de la mer dans son enclos, sans pouvoir en profiter.

N'est-ce pas là une torture mentale ? Quels que soient les prétextes de cette captivité : science, delphinothérapie ou rencontres en « liberté » comme l'annoncent certains dépliants touristiques, l'enclos marin donne le goût de la liberté sans jamais la restituer. Source : « le livre des dauphins et des baleines » de Brigitte SIFAOUI.

J'ai lu récemment dans la presse des interviews de détenus qui avaient été condamnés à de longues peines de prison à Alcatraz, ils disent tous que le pire pour eux, pire que les gardiens, la nourriture ou les abus dont ils sont victimes, le pire, ce sont les bruits quotidiens de San Francisco à quelques encâblures de là : le klaxon de voitures, les cris d'enfants, les bruits de la ville, voilà ce qui est le plus dur à supporter. Alors imaginez-vous être un dauphin détenu dans un bassin immense tout près de la mer, mais enfermé. Imaginez-vous entendre le bruit du ressac et respirer l'air frais du large tout en sachant que vous n'y retournerez jamais. Source : discours de Ralph MUNROE, Secrétaire d'Etat (Washington) à Seattle, en octobre 1995, devant les membres de la Humane Society.

Cependant cette solution - à mi-chemin entre la liberté et la captivité - reste tout à fait louable dans les cas d'échec suite à une tentative de réhabilitation, ou si le dauphin s'avère trop vieux ou en mauvaise santé pour ré-intégrer son milieu naturel, le bassin se transforme alors en « lagon de retraite ».

L'élevage en captivité est-il une alternative aux captures ?

Pour éviter le traumatisme de la capture, économiser les sommes consacrées aux importations de cétacés, et en espérant aussi que les petits nés en captivité s'adaptent mieux, certains delphinarium, comme celui de Kölmarden (Suède), tentent d'élever des dauphins. Tâche délicate. Comment ces animaux évolués pourraient-ils trouver en captivité les conditions sociales et physiologiques propices à la reproduction ? En plus des problèmes souvent rencontrés dans la période qui suit la naissance, l'instinct maternel des mères est perturbé par la captivité. L'allaitement ne se déroule pas toujours correctement. Les autres dauphins risquent de malmener le petit ou d'agresser sexuellement la mère. De toute évidence, les conditions sont défavorables à la reproduction, et la mortalité péri-natale est bien plus élevée qu'en liberté. Quand bien même certaines femelles parviennent à garder leur petit (telle Joséphine au marineland d'Antibes), la joie de voir le delphineau nager contre le flanc de sa mère est toute relative. Ce petit dauphin ne connaîtra jamais les groupes de mères surfant dans les vagues, les parties de chasse au hareng et les jeux entre jeunes dauphins . Source : « le livre des dauphins et des baleines » de Brigitte SIFAOUI.

Pour en savoir plus sur la captivité :

•  Dauphin Libre, le site d'Yvon Godefroid : www.dauphinlibre.be

•  Dolphin Project, le site de Helene et Ric O'Barry : http://www.dolphinproject.org/ (en anglais)

 

- Cétacés -

 

Cétacé : Mammifère marin parfaitement adapté à la vie aquatique par son corps pisciforme ( = en forme de poisson) et ses bras transformés en nageoires.

L'ordre des cétacés comprend la baleine, le cachalot et le dauphin. 

Les cétacés, anciennement animaux terrestres, occupent la planète, sous leur forme actuelle, depuis 20 fois plus de temps que nous.

Les cétacés appartiennent à l'ordre des mammifères marins et se classent en 2 sous-ordres :

•  Les ODONTOCETES  : les cétacés à dents (dauphins, cachalots).

•  Les MYSTICETES  : les cétacés à fanons (baleines). Les fanons sont des lames de corne, effilochées sur leur bord interne et fixées à la mâchoire supérieure.

Ce sont principalement leurs habitudes alimentaires qui différencient les deux sous-ordres :

Les odontocètes, dont le mode vie est essentiellement basé sur la chasse, ont des dents qui leur permettent d'attraper leurs proies. Par contre, n'ayant pas de possibilité de mouvement latéral avec leurs mâchoires, ils ne les mâchent pas, si besoin la nourriture est juste débitée en gros morceaux.

 

 

Les mysticètes, quant à eux, ne sont pas des chasseurs, ils filtrent le plancton océanique (organismes microscopiques animaux – petites crevettes – ou végétaux – algues – qui vivent en suspension dans la mer) grâce à leurs fanons : ils ouvrent leur « bouche », de manière à ingérer une quantité importante d'eau et de plancton, et referment leurs mâchoires. De là, seul le plancton est conservé, l'eau étant régurgitée aux moyens des fanons.

 

 

Cet abécédaire étant essentiellement consacré aux dauphins, voici quelques fiches techniques des individus composant le sous-ordre des odontocètes, précédées d'un tableau récapitulatif des différentes espèces.

Télécharger le tableau de la Classification des Cétacés

NB : Certaines espèces sont très difficilement observables, c'est la raison pour laquelle il peut manquer certaines informations et d'autres sont formulées au conditionnel.

Télécharger la Fiche Technique du Cachalot Pygmé

Télécharger la Fiche Technique du Cachalot

Télécharger la fiche technique de l'Hyperodoon Arctique

Télécharger la Fiche Technique du Mésoplodon de Sowerby

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin de l'Amazone, dit Botou

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin du Yang-Tsé-Kiang, dit Baiji

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin du Gange

Télécharger la Fiche Technique du Céphalorhynque de Commerson

Télécharger la Fiche Technique du Céphalorhynque d'Hector

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin Commun

Télécharger la Fiche Technique du Lagénorhynque à Flancs Blancs du Pacifique

Télécharger la Fiche Technique du Lagénorhynque Obscur

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin Tâcheté Pantropical

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin Bleu et Blanc

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin Tâcheté de l'Atlantique

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin à Long Bec

Télécharger la Fiche Technique du Grand Dauphin

Télécharger la Fiche Technique du Globicéphale Tropical

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin de Risso

Télécharger la Fiche Technique de l'Orque

Télécharger la Fiche Technique du Péponocéphale

Télécharger la Fiche Technique de la Fausse Orque ou Pseudorque

Télécharger la Fiche Technique du Lissodelphis Austral

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin de l'Irrawady

Télécharger la Fiche Technique du Bélouga

Télécharger la Fiche Technique du Steno

Télécharger la Fiche Technique du Dauphin à Bosse de l'Atlantique

Télécharger la Fiche Technique du Narval

Télécharger la Fiche Technique du Marsouin de Dall

Source des fiches techniques : « Dauphins en Liberté » de Gérard SOURY.

- Chasse -

Les dauphins sont des prédateurs implacables : intelligents et efficaces. Leur efficacité réside sur la technique de la chasse en groupe et sur leurs formes élaborées de coopération et de communication. Opportunistes, ils s'adaptent au terrain sur lequel ils chassent ainsi qu'au comportement de leurs proies.

Lors des opérations de chasse, les dauphins utilisent leur sonar et leur excellent sens de l'ouïe : ils sont capables de différencier le bruit qui correspond aux bancs de poissons ou de calmars du bruit fait pas les proies blessées qui se débattent.

 

Plusieurs techniques de chasse ont été développées par les dauphins, en voici quelques exemples :

 

L'attaque des bancs d'anchois :

Les dauphins encerclent d'abord le banc afin qu'il se concentre en une boule de plus en plus dense. Pour éviter que certains anchois fuient, ils émettent des bulles et font des éclaboussures qui les affolent.

Une autre équipe prend position en dessous de la boule pour la faire remonter en surface afin qu'aucun anchois ne puisse s'échapper par le haut.

Lorsque la boule est suffisamment haute et dense, les dauphins peuvent y plonger et avaler une bonne quantité de nourriture. Ils reprendront ensuite leur poste de garde en périphérie, pendant que d'autres de leurs congénères se nourriront.

Lors des opérations de rabattage, les dauphins se rendent parfois compte qu'ils ne sont pas suffisamment nombreux pour parvenir à leurs fins. Afin d'appeler des renforts, ils font des bonds en surface pour indiquer à leurs congénères le lieu de l'opération .

Afin d'éviter d'être repérés par leurs proies, ils n'émettent plus les clics d'écholocation, et font uniquement confiance à leur excellente ouïe.

 

La chasse en zone marécageuse :

Certaines eaux très boueuses permettent aux poissons de se dissimuler. Qu'à cela ne tienne, les dauphins ont imaginé une technique de chasse très élaborée :

Les groupes, en fonçant vers le rivage, soulèvent une lame d'étrave qui aspire les poissons et les dépose sur la berge. Les dauphins effectuent leurs glissades sur le flanc droit jusqu'à cette berge et gobent les poissons (NB  : à force de broyer de la boue et des cailloux, leurs dents de droite sont complètement usées).

Cette pêche reste risquée puisque l'effort fourni par les dauphins est si violent qu'il leur arrive parfois de se retrouver si haut sur la berge qu'ils ont du mal à redescendre. De tels échouages, s'ils se prolongeaient, pourraient être mortels.

 

La technique de chasse propre aux dauphins de la Baie des Requins (côte ouest de l'Australie) :

Cette technique particulière ressemble à celle adoptée dans les territoires marécageux puisque, encore une fois, les dauphins se ruent littéralement vers leurs proies sur le rivage. Ils ne disposent que de quelques centimètres d'eau pour chasser mais cela leur suffit : grâce à une sorte d'aquaplaning ils parviennent presque à voler sur l'eau à la poursuite de leur proie.

Entre 400 et 500 dauphins vivent dans cette baie, mais une minorité, et seulement des femelles, sont capables d'effectuer cette pêche acrobatique.

Les proies sont rarement dévorées immédiatement, les dauphins « s'offrent le luxe » de jouer avec elles.

 

Une autre technique de chasse a été développée en Mer Caraïbes :

Les grands dauphins et les sténelles détectent, en se mettant à la verticale et tête en bas, les proies enfouies dans le sable (détection faite grâce au sonar). Une fois repérée, la proie est extirpée de sa cachette.

Lors des fouilles dans le sable trop rugueux, il arrive que les dauphins « enfilent » une éponge creuse sur le bout de leur rostre afin de ne pas se blesser !

 

 

 

- Communication entre les dauphins -

Sous l'eau, la communication se fait beaucoup plus vite et plus facilement par le son que par la lumière. C'est-à-dire que les cétacés vivent dans l'empire de l'oreille. Pas dans celui de l'œil. En milieux aqueux, le son circule en moyenne 5 fois plus vite que dans l'air alors que la lumière se trouve vite freinée. Source : « Le cinquième rêve » de Patrice VAN EERSEL.

Les dauphins n'arrêtent pas de communiquer entre eux par le biais de contacts corporels et de vocalisations.

Le langage oral des dauphins :

La vocalisation est le langage oral du dauphin. Les sons sont produits en grande partie grâce à l'action de trois sacs aériens annexés à l'évent et grâce aux vibrations du larynx (les dauphins ne possèdent pas de cordes vocales). Le béluga est l'espèce la plus bavarde, d'où son surnom de « canari des mers », viennent ensuite le grand dauphin, le globicéphale et le narval.

Chaque individu, dès l'âge de 1 ou 2 ans, possède sa propre signature vocale, c'est-à-dire sa propre « voix », son propre « nom » :

Le nom d'un enfant mâle sera toujours très proche de celui de sa mère, alors que les filles reçoivent des patronymes plus originaux.

Chaque fois qu'un dauphin émet un message, il « prononce » d'abord son nom. Les autres dauphins peuvent immédiatement l'identifier, ce qui leur permettra d'éviter l'inceste ou encore un conflit avec un membre de la même lignée. Lors de contacts ritualisés, la signature sifflée précédera ou suivra celle de l'interlocuteur, suivant que celui qui émet le message veut marquer la dominance ou, au contraire, le respect !

Selon le Docteur Randy Wells, du Mote Laboratory (US), la signature sifflée d'un dauphin s'articule en trois segments : le premier segment représente le nom de l'individu, le second est la « racine » du nom complet de la mère et le troisième désigne apparemment le nom global du groupe ou du clan auquel l'enfant se rattache. En trois sons, le dauphin décline son identité complète : « Je m'appelle X, je suis le fils de Y, et j'appartiens au clan Z. Source « Liberté pour les dauphins » de Yvan BECK, Gérard LIPPERT, Yvon GODEFROID et Gauthier CHAPELLE.

Il arrive que certains individus imitent la signature vocale d'un congénère. Mais on ne sait pas si c'est dans un but de prendre sa place dans la hiérarchie, de s'approprier une femelle ou encore de voler une proie…

Chez les dauphins, on rencontre deux types de sons, à ne pas confondre car chacun a une fonction bien particulière :

- les sifflements : sons émis pour la communication ou causés par une émotion quelconque,

- les clics : sons émis pour l'écholocation.

Lorsque le dauphin vocalise, on peut également observer des bulles qui se forment. Ces bulles, associées à ces sons, sembleraient exprimer des émotions (excitation, avertissement…).

 

 

Nous ne savons toujours pas de manière formelle, à ce jour, si les vocalisations des cétacés expriment un langage élaboré (comparable à celui de l'être humain) ou simplement un échange d'informations élémentaires (joie, colère, souffrance…). Cependant, de plus en plus d'éléments tendent à accréditer la première hypothèse…

 

Voici à ce propos un extrait, tiré du livre « La vie secrète des dauphins » de Yves Paccalet :

Intrigué par une histoire de tursiops sauvages venus inspecter des micros sous-marins, et au cours de laquelle un des cétacés paraissait « expliquer » quelque chose à des congénères, avant que n'éclate une « discussion générale », le Professeur Bastian imagine le dispositif suivant. Deux dauphins (un mâle : Buzz ; une femelle : Doris) sont enfermés dans un bassin. Tout d'abord, on leur apprend à actionner le levier d'un système de distribution de poisson, sachant qu'ils doivent pousser à gauche ou à droite en fonction d'un signal lumineux clignotant ou continu. Dans un deuxième temps, on enseigne à Doris que seul Buzz a la permission de manipuler le levier. Pour finir, on sépare les animaux par un rideau opaque aux rayons lumineux (ils ne peuvent pas se voir), mais perméables aux flux acoustiques (ils s'entendent).

On montre le signal lumineux à Doris seule. Elle siffle et cliquette. Aussitôt, Buzz appuie sur le levier de façon correcte ! Il a compris ce qu'elle lui a dit…

On refait l'expérience. Le hasard n'est pas en cause : à chaque fois, le test est positif. Mais, si les partenaires se trouvent isolés par un obstacle qui arrête les ondes acoustiques, Buzz est perdu.

La phrase sonore de la femelle a un sens précis pour le mâle. Preuve est faite qu'il y a un langage.

Comment faire avancer l'enquête ?

On ne progresse guère en étudiant des cétacés captifs.

Pour percer le secret de la communication sonore des dauphins, il faut aller sur le terrain. En mer ou dans les fleuves… Et là, tout se complique !

Pour subodorer, soupçonner, discerner le sens éventuel des « phrases » émises par les animaux, il faudrait que, chaque fois qu'on enregistre quelque chose, on sache qui a « parlé » ; à l'adresse de quel autre animal ; dans quelles circonstances ; et avec quels résultats… On est loin du compte.

La difficulté se trouve encore augmentée par le fait que chez les dauphins et leurs cousins, chaque troupe semble avoir son « idiome », son « parler local », mettons son « patois ». Chez les orques de Colombie britannique, John Ford et Dean Fischer ont identifié au moins douze types d'appels différents, chacun composé de très nombreux sons organisés, rythmés, structurés. Les trois populations locales (deux sédentaires et une nomade) n'emploient d'ailleurs pas les mêmes « expressions ». Chaque famille utilise ses « tours » particuliers. On dirait qu'elle a un accent.

Rappelons ici qu'il existe soixante-huit espèces de cétacés à dents ; en comptant plusieurs « dialectes » et « sous-dialectes » par espèce et sous-espèce, la tâche du traducteur devient insurmontable. A côté, la tour de Babel était une plaisanterie.

Il est probable, au reste, qu'entre les langues de l'orque ou du tursiops et celle du mésoplodon ou du marsouin des ports, il y a autant de différence de nature, de niveau et de complexité qu'entre celle de l'homme et du chimpanzé, ou du gorille et du babouin, voire du lémurien (NB : mammifère primate aux lobes olfactifs très développés) et du l'aye-l'aye (NB : sous-classification d'une espèce arboricole des lémuriens)

Par leur complexité, leur structure et leur mode de fonctionnement, les émissions sonores des cétacés ressemblent à un langage parlé. On a prouvé que, dans bien des cas, elles modifient le comportement d'autres individus de la troupe, qui perçoivent le message et agissent en fonction ce qu'ils en ont compris.

On en est là… Reste un colossal – et patient – travail à mener. Difficile. Forcément fragmentaire et frustrant. Mais excitant !

 

Le langage corporel des dauphins :

Les comportements et postures des dauphins représentent également un mode de communication :

- Les sauts effectués par les dauphins en surface seraient assimilables à un signal d'alarme, à une provocation sexuelle, une incitation au jeu, etc…

- Montrer les dents reflèterait la colère.

- Tirer la langue semble être une invitation au plaisir de la caresse et des jeux sensuels.

- Lorsque les dauphins se mettent en position verticale, la tête vers le haut et émergée jusqu'aux yeux en pivotant sur 360°, on dit qu'ils ont une attitude de spy hoping (espionnage). Les tursiops, les sténos, les sténelles… sont capables de se dresser encore plus haut, au point qu'on ait l'impression qu'ils marchent sur l'eau à l'aide de leur nageoire caudale ! Cette posture permet d'observer les environs mais c'est également une marque de domination - les dominants s'en servent pour mener leur groupe : c'est un moyen de rallier la bande et de donner l'ordre du départ. Les mâles utilisent également cette posture lorsqu'ils se lancent des défis entre-eux (celui qui se dresse le plus haut prend l'avantage).

 

 

Yves Paccalet, dans son livre « La vie secrète des dauphins », donne d'autres exemples de gestes et postures ainsi que leurs hypothétiques significations :

- les salutations d'un bras, ou des deux bras à la fois, le corps allongé sur le dos en surface . On dirait que l'animal lance « bonjour » ou « au revoir » ; il adresse parfois ce signe aux humains…

- les coups de battoirs répétitifs sur la vague. Ont-ils quelque chose à voir avec un état de nervosité ? Servent-ils de menace ou, au contraire, d'avertissement aux congénères pour les éloigner d'un péril ?

- les ondulations du corps , qui paraît serpenter dans l'élément liquide. Cette bizarre façon de nager semble une invitation érotique ; mais on la voit adoptée par des femelles devant des femelles, et par des mâles à l'intention des mâles.

- les spasmes de l'aileron dorsal, que l'animal claque ensuite avec force sur l'écume (finning). On suppose qu'il y a là une attitude de dissuasion.

- les petits balancements latéraux de la queue. Elégants mais énigmatiques…

- les contractions de l'abdomen. Ce ne sont pas des symptômes de souffrance, mais des signaux ; qui veulent dire quoi ?

- les jets d'eau par la bouche… Une manière de jouer (là encore, les dresseurs de parcs marins profitent de la tendance) ; peut-être un défi…

- un autre exercice consistant à décoller de 6 mètres au-dessus de la surface de l'eau en ondulant, en basculant, en pivotant consiste, chez le grand dauphin, à faire le beau.

 

Les dauphins utilisent également le langage corporel pour s'adresser aux hommes lors d'une interaction :

- Voir le chapitre «  Interactions des dauphins avec les hommes et les animaux d'une espèce différente » – Paragraphe «  Les interactions homme/dauphin ».

 

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Introduction - A - E - I - J - M - O - S - Conclusion

 

© Réseau Cétacés 2005