Document sans nom

-
-
-
-

La Boutique

-
-

- Les News
- Nos Dossiers
- Nos Conférences
- Les Menaces
- La Captivité
- Les Dauphins Ambassadeurs
- Rencontre Avec...
- La Médiathèque
- Les Liens

- Les Rendez-Vous

- Les Actions & Pétitions

- Le Réseau Associatif

- Emplois & Stages

- Les Eco-Croisières

- Vos Témoignages

Réseau-Cétacés est membre du Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal

Le site Réseau-Cétacés a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL

 

Sommaire

 

•  DUSTY (Tursiops, femelle, âge au moment des premières interactions : 5 ou 6 ans, Comté de Clare - Irlande, 2000) :

 

Dusty, qui affiche un comportement timide, a d'abord été observée à Doulin puis s'est établie à Fanore.

 

Dusty – Photo courtoisie Gauthier Chapelle

 

Le climat et la température de l'eau, lors de la période hivernale, ne favorisent pas vraiment les interactions et laisse quelques moments de répit à la dauphine, même si l'une de ces fidèles amies, Ute Margreff, nage régulièrement avec elle. En revanche, lorsque les beaux jours reviennent, le problème de l'excès de visiteurs venus rendre visite à Dusty (traduction française : « poussiéreuse ») se pose systématiquement sans avoir pu être résolu à ce jour, sans compter qu'un second problème est venu se greffer : une ligne de ferry reliant Fanore aux îles d'Aran...

Gauthier Chapelle a eu l'occasion de rencontrer la dauphine du 29 octobre au 2 novembre 2002 et du 5 au 8 juin 2003, et livre le témoignage suivant :

 

Plutôt que de suivre une trame chronologique, je voudrais écrire « à bâtons rompus » sur ces rencontres…

Dire d'abord que Dusty s'apparente bien au « prototype » de la dauphine-ambassadrice. Essentiellement sédentaire (à Fanore depuis presque deux ans), et préférant la compagnie des humains à celle des dauphins. Elle appartient de plus clairement à une catégorie très familière : elle adore les contacts physiques. J'admets que j'ai délicatement initié le premier, mais comme le savent ceux qui ont nagé avec des dauphins, ce n'est possible que si le dauphin ne l'esquive pas. De toute façon, Dusty est incroyablement câline (même si Dony - voir le paragraphe qui lui est consacré - est encore plus avide de contacts physiques).

Dusty est peu acrobatique. Elle saute relativement rarement hors de l'eau, et le réserve surtout à certains habitués. Par contre comme tous les dauphins, elle est très joueuse, en prend régulièrement l'initiative, et décide en tout cas des règles. Certains sont des classiques, comme de jouer avec une algue ou un sac en plastique qu'il s'agit de lui prendre. Elle jongle de façon experte entre son rostre, ses nageoires pectorales, dorsale et caudale… Elle vous laisse le prendre ensuite, mais revient vite à la charge. Elle aime aussi les poursuites/cache-cache autour des gros rochers. Toute accélération dans ses environs immédiats la fait sauter dans votre sillage (pour une fois qu'elle ne doit pas se traîner !), puis vous précéder… à ce jeu-là elle nous épuise vite ! Je l'ai vue aussi précéder ou suivre Keith Buchanan (de www.irishdolphins.com ) lorsqu'il projette son corps le plus haut possible au-dessus de l'eau, grâce à sa monopalme…

Dusty est très intéressée par les objets ou les sons qui sortent de l'ordinaire. C'est d'ailleurs en claquant deux galets l'un sur l'autre que nous lui signalons nos mises à l'eau, si jamais elle est absente. Elle arrive généralement dans la minute…

Je l'ai vue passionnément absorbée dans l'examen (au sonar et au rostre) de mon petit appareil photo sous-marin, qu'elle essayait d'ailleurs de prendre par la lanière. Elle tirait doucement au début, plus fermement ensuite, mais n'a jamais insisté lorsqu'elle a senti que je ne le lâcherais pas. Et pour cause !

Par contre comme beaucoup d'ambassadeurs (mais pas tous !), Dusty n'aime pas qu'on s'accroche à sa nageoire dorsale. J'ai essayé une fois et elle s'est dérobée de façon très claire, je n'ai plus réessayé…

 

 

Dusty – Photo courtoisie Gauthier Chapelle

 

Lors d'une visite antérieure, mon frère Grégor n'a pas pris les mêmes précautions. Devant son intérêt manifeste par rapport à sa ceinture de plomb (un matériau qu'elle ne doit pas rencontrer souvent), il l'avait détachée et « offerte ». Dusty s'était montrée d'une habileté impressionnante, réussissant à la « saisir » entre son évent et sa dorsale, la posant sur le fond, la reprenant ensuite (variante de l'algue). A un moment, elle s'est franchement éloignée, puis est revenue sans la ceinture. Mon frère était ennuyé et le lui a fait savoir. Elle est alors repartie et lui a ramené, mais sans la lui rendre ! S'épuisant à sa poursuite, quant tout a coup, il a vu qu'elle l'avait laissée échapper par 5 mètres de fond. Péniblement (pas ceinture de plomb + combi !), il a réussi à descendre, mais à l'instant où il allait la prendre, Dusty a surgi et la lui a saisie sous le nez avant de s'enfuir. Sa chance était passée ! Malgré quelques retours de la dauphine avec la ceinture, celle-ci est toujours quelque part dans les « coffres » de Dusty…

Une autre anecdote impressionnante qui m'a été rapportée par mon frère et un de ses amis : lors d'une partie d' « attrape-algues » avec un sac en plastique, tout d'un coup Dusty s'est enfilée le rostre tellement loin dans une poignée du sac qu'il coinçait sa bouche. Elle s'est tout de suite arrêtée pour venir ensuite présenter son rostre à Gaëtan, a calmement attendu qu'il lui retire le sac en plastique avant de recommencer son jeu…

Dusty est aussi une nageuse qui surprend par son habileté à faible profondeur. Le tronçon de côte que nous employons pour les mises à l'eau est rocheux, donc facilement agité en dehors des jours de calme plat. La mer bat les rochers (heureusement assez lisses) plus ou moins fort et malgré cela, que ce soit pour nous accueillir, nous retenir quand nous nous apprêtons à sortir, ou simplement pour jouer quand nous sommes dans l'eau, elle n'hésite pas à venir contre les rochers. Lors d'un jeu avec Bryan, un habitué, je l'ai même vue poser son torse sur un rocher. Une autre fois, j'étais en train d'essayer de regagner le bord, j'étais dans un couloir, la mer me pousse, je lance une main dans l'écume pour me tenir à la roche, et c'est le corps de Dusty que je trouve ! Elle n'a pas sourcillé pour autant, dans ces tourbillons, c'était acceptable semble-t-il…

Une autre fois encore, elle s'engage dans un étroit couloir fermé par la rive, et lorsque je la suis, elle effectue un demi-tour en sautant sur elle-même pour se remettre en direction de la sortie, sous mes pieds, avec une précision remarquable…

Enfin, à marée descendante, lorsque le sable apparaît enfin, elle s'approche sans crainte jusque dans les derniers 50 cm .

Dusty est attentionnée : lorsque plusieurs personnes sont à l'eau, elle prendra soin de régulièrement pousser une petite visite à chacun, même si elle passe plus de temps avec les uns ou les autres en fonction de ses préférences. Lorsque mes deux fils (3 et 6 ans) sont montés dans un petit bateau gonflable, elle s'est longuement intéressée à eux… En fait, elle ne les a pas lâchés (était-ce le bateau ou les enfants ?). Le bateau a été inspecté sous toutes les coutures, et encore une fois, elle a aussi essayé de me remplacer à la corde, et de tirer le bateau. Fort de l'expérience de mon frère avec sa ceinture de plomb, je n'ai pas là non plus osé lâcher la corde… Ensuite elle est venue de plus en plus à la surface et a fini par sortir sa tête complètement hors de l'eau pour se faire caresser par mon aîné.

Lors de mon deuxième séjour, j'ai pu remarquer d'autres choses intéressantes. Par exemple que chaque habitué (il y en a une petite dizaine) a vraiment son style d'interactions avec Dusty, avec chaque fois initiative ou réponse personnalisée de la dauphine elle-même. Très câline avec Jane, un peu plus physique avec Ute, athlétique avec Mike, sautant derrière la monopalme de Keith, ou venant énergiquement à la rencontre des caresses… tout aussi musclées de Bryan. J'ai également remarqué qu'entre ces habitués et les hôtes de passage que moi ou d'autres sommes, il n'y a pas photo, et ce sont alors ses amis de longue date qui reçoivent le plus d'attention. Même si encore une fois, elle prend soin de n'oublier personne.

Par contre, lorsque j'étais seul avec elle le matin, j'ai été étonné de l'intensité de ses demandes de contact, nettement plus intenses que lors de mon premier séjour. Avec le recul elle m'a vraiment donné l'impression non pas de me faire plus confiance, mais surtout d'avoir senti qu'elle pouvait me demander plus que la première fois sans que je m'effraie. Une fois en particulier, elle a vraiment demandé – et obtenu – un corps-à-corps contre les rochers, j'ai dû faire attention pour qu'elle ne me comprime pas trop les mains…

Dusty a aussi ses moments où elle désire ne pas être dérangée. Plusieurs avertissements en chaîne lui servent à l'exprimer. Le premier est un grand mouvement de mâchoire, un « claquement de bec ». Je l'ai eu une fois alors que je m'approchais pour regarder ses retrouvailles avec Mike… Clairement j'étais de trop à ce moment-là. Elle me l'a fait une seconde fois alors qu'elle cachait un caillou et son algue sous son rocher favori (voir plus loin). Si cet avertissement n'est pas suffisant, elle pousse alors l'opportun à l'épaule (d'après un de mes amis). Et récemment elle a même fêlé les côtes d'une femme trop intrusive qui avait négligé les premiers avertissements…

Une dernière anecdote qui m'a impressionné quant à ses capacités pour se faire comprendre ; lors d'une de nos rencontres tranquilles, Dusty m'apporte une longue algue poussant sur un petit caillou. Croyant reconnaître cette invitation classique au jeu, j'essaie d'initier une partie de jonglerie à deux. Mais elle reprend l'algue dans son rostre et me la ramène. J'essaie alors un autre classique et commence à la caresser en lui passant l'algue sur le corps. Mais ce n'est toujours pas cela qu'elle veut. Elle la reprend dans son rostre, la lâche, et passe en dessous de manière à se faire caresser non par l'algue mais par le caillou ! Quand je reprends le caillou et commence à la masser, elle se laisse complètement faire… Ce qui me conduit à mon dernier commentaire sur Dusty : comme beaucoup, j'ai vraiment senti que c'est bien le dauphin qui décide, et l'humain qui essaie de suivre…

 

Pour suivre l‘actualité de Dusty : www.irishdolphins.com (Irish Dolphins, en anglais).

 

Dusty – Photo courtoisie Jason Kenny et Irish Dolphins

 

Février 2005 :

Graham Timmins nous apprend que Dusty n'a pas été observé depuis la mi-décembre… Nous lui demandons alors si ces disparitions son fréquentes chez la dauphine, voici sa réponse, reçue le 16 février 2005 :

«  L'année dernière elle a disparu quelques semaines, pas aussi longtemps que cette fois-ci – cela fait deux mois maintenant. Cependant, lors de son « déménagement » de Doulin en 2000 à Fanore, elle n'avait pas été observée pendant plusieurs mois.
Ute (NB : une nageuse régulière) est persuadée qu'elle va bientôt revenir à Fanore.
A mon sens, mais il ne s'agit que d'un avis personnel, elle reviendra chercher la compagnie humaine, mais peut-être pas au même endroit. Qui sait, vous pourriez avoir un troisième dauphin amical en France !  »

 

Mars 2005 :

Dusty se porte bien !
L'hiver a été houleux le long des côtes ouest de l'Irlande, il n'est donc pas surprenant que Dusty ait déserté Fanore/Derreen durant quelques mois. Il semble toutefois qu'elle ait de nouveau recherché la compagnie humaine, une fois que le temps s'est calmé.
Les nombreux « fans » de Dusty ont bien sûr ressenti son absence et certains d'entre eux ont parcouru les côtes nord et sud à sa recherche.
Ce sont finalement des surfeurs de Lahinch qui l'ont retrouvée. Ceci est singulier puisque ce sont eux qui l'ont aperçu pour la première fois et qui se sont liés d'amitié avec la dauphine à Doolin, il y 5 ans. En fait, c'est probablement grâce à eux que Dusty est parvenue à faire confiance aux êtres humains. A part les surfeurs, il n'y a pas non plus grand monde longeant les côtes de Clare en plein mois de février ! Il semble que la nouvelle de la présence de Dusty ait commencé à se répandre autour du 20 février parmi quelques nageurs habituels.

Dusty se trouve actuellement dans la zone de Green Island dans la baie de Liscannor, au nord de Malbay Milltown (à environ 30 km au sud de son ancienne position), mais n'est pas toujours observée précisément au même endroit. Ceci peut être un avantage car seuls les baigneurs les plus dévoués la suivront, ce qui ne devrait pas générer les problèmes liés à la foule comme ce fut le cas à Doolin et Derreen.
De nombreuses personnes ont été très soulagées d'apprendre que Dusty est saine et sauve. Surtout qu'un dauphin mort s'était échoué à Fanore plus tôt cet hiver. Il est connu que des centaines, si ce ne sont des milliers, de dauphins meurent chaque année au large des côtes irlandaises, victimes des filets de pêche.

Malheureusement, nous avons appris que certains des nageurs habituels avaient essayé de garder le secret sur le fait que Dusty était vivante et en bonne santé et de retour le long des côtes de Clare... Il devient de plus en plus fréquent que certains individus tentent de s'octroyer les droits exclusifs de l'interaction avec Dusty. Nous pouvons seulement espérer que cette tendance vise à "protéger" la dauphine et ne soit pas le fruit de l'arrogance et de l'égoïsme pur.

Nous avons toujours mis en avant la ligne de conduite à tenir lors des interactions avec les dauphins sauvages mais ne prétendons toutefois pas juger si les dauphins ont tort ou raison de rechercher la compagnie humaine... Nous respectons les dauphins comme des êtres égaux ou supérieurs et nous ne les rabaisseront pas en déclarant que nous savons mieux où ils devraient aller et avec qui ils devraient s'associer ! C'est pourquoi nous mettons à disposition du public toute nouvelle nous parvenant, afin que les dauphins prennent leurs propres décisions. Ce serait merveilleux si l'incroyable générosité des dauphins pouvait inciter les hommes à agir de la même façon !

(Source : Irish Dolphins www.irishdolphins.com, traduit par Chloé Ysoard

 

 

Revenir en haut de la page

 

Sommaire

 

© Réseau Cétacés 2005