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Réseau-Cétacés est membre du Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal

Le site Réseau-Cétacés a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL

 

 

Introduction - A - C - I - J - M - O - S - Conclusion

 

- Echouages -

NB : ce chapitre vient en complément de celui intitulé

«  MORTALITE DES DAUPHINS, ET DES CETACES EN GENERAL (causes) ».

 

Il n'est pas inhabituel de retrouver la dépouille d'un cétacé sur le rivage (échouage individuel d'un animal probablement mort en mer mais rejeté par les vents et courants). Il arrive également, mais plus rarement, que des animaux s'échouent vivants soit de manière individuelle soit en groupe…

 

Photo courtoisie « Sauvons les Dauphins » - André Plank.

 

Les échouages sont une mine d'information pour les scientifiques. Ils permettent entre autre :

- l'étude des pathologies dont les cétacés peuvent être affectés en milieu naturel (cette étude se fait d'ailleurs principalement par le biais des échouages),

- de collecter des informations sur les différentes espèces méconnues (par exemple, examiner l'estomac d'un individu renseigne sur son régime alimentaire),

- de découvrir de nouvelles espèces, etc…

 

C'est également en grande partie grâce aux échouages que l'ampleur des massacres causés par les filets dérivants a pu être dénoncée.

Toutefois, l'océan ne ramenant pas toutes ses dépouilles à terre (la plupart d'entre elles coulent ou sont dévorées par des nécrophages), les échouages ne concernent qu'une petite partie des individus.

 

Les échouages sont régis par une réglementation spécifique :

Seul un spécialiste compétent est autorisé à examiner l'animal (en France, il existe plusieurs organismes compétents : le GECEM (Groupe d'Etude des Cétacés en Méditerranée - http://www.gecem.org/site.html ), le CRMM (Centre de Recherche sur les Mammifères Marins - Littoral Atlantique - http://crmm.univ-lr.fr/ )…

Les mairies, quant à elles, ont l'obligation de faire enlever le cadavre gratuitement et dans les 24 heures.

 

Quelle conduite tenir en présence d'un cétacé échoué ?

 

Si l'animal est vivant :

- Il faut agir vite pour augmenter ses chances de survie, et noter la date et le lieu de l'échouage (les informations doivent être aussi précises que possible).

- Il convient ensuite de prévenir l'une de ces personnes habilitées à intervenir :

* Frank DHERMAIN (GECEM – Méditerranée) : 06 08 73 02 91

* Jean-Pierre SIDOIS (Alpes Maritimes) : 04 93 76 17 61 ou 06 18 09 18 27

* Olivier VAN CANNEYT (CRMM – Atlantique) : 05 46 44 99 10

- Il est impératif d'éviter toute manipulation intempestive de l'animal : s'il s'avère nécessaire de le déplacer, il faut prendre son corps entier et surtout ne pas le tracter par l'une de ses nageoires.

Lors de la manipulation de l'animal, attention   !!! :

 

* aux coups de nageoires, lesquels peuvent être à l'origine d'une blessure pour le « manipulateur »,

* à ne pas se faire coincer sous l'animal.

 

- Il est également nécessaire de maintenir l'animal en eau peu profonde : sur le bord du rivage si la mer est calme ou, le cas échéant, dans un trou.

Si aucune de ces deux solutions n'est envisageable, il faut protéger l'animal du soleil en le couvrant de linges trempés, ou d'algues (ne surtout pas couvrir son évent, l'orifice situé au-dessus de son crâne) et l'arroser régulièrement avec de l'eau aussi froide que possible.

- Et enfin, il faut absolument éviter de s'agiter et de crier autour de l'animal et ne pas laisser d'animaux domestiques s'approcher.

 

Si l'animal est mort   :

 

- Il convient de noter, aussi précisément que possible, la date et le lieu de l'échouage ainsi que le nombre d'individus échoués, la taille, la forme générale du/des corps et de la/leur tête (prendre des photos, si possible).

- Ensuite, il faut prévenir les personnes autorisées à intervenir citées précédemment.

Attention : Le risque de zoonose (maladie transmissible de l'animal à l'homme) étant présent, il est impératif de ne pas toucher la dépouille.

Les causes d'échouage des cétacés sont diverses, certaines sont avérées, d'autres sont purement hypothétiques, voire farfelues.

 

Les faits à l'origine de l'échouage d'animaux morts  :

 

- Voir le chapitre « MORTALITE DES DAUPHINS, ET DES CETACES EN GENERAL (causes) » -

 

Les faits à l'origine de l'échouage d'animaux vivants :

(liste non exhaustive)

 

•  Les erreurs de navigation :

Certaines espèces pélagiques peuvent s'égarer sur des fonds côtiers sableux.

•  Solidarité avec un congénère en difficulté :

Un groupe de cétacés peut venir s'échouer volontairement en soutien à un congénère en difficulté (le leader du groupe par exemple).

S'ils ne succombent pas (brûlures etc…), les membres du groupe regagneront le large, une fois l'individu décédé…

•  La peur :

Certains individus peuvent venir se réfugier près d'une plage pour échapper à un ou des prédateurs.

C'est ainsi que le 23 août 1997, une centaine de dauphins bleu et blanc sont venus se réfugier sur le littoral espagnol, se jetant à plusieurs reprises sur une plage, à priori pour échapper à six orques qui les traquaient.

•  Les accidents de chasse :

Certaines techniques de chasse consistent à traquer ou à aller chercher sa proie en s'approchant dangereusement du rivage, certains prédateurs peuvent donc se laisser prendre au piège.

•  Les échouages liés à une pathologie ou à une blessure :

L'action de certains parasites peut provoquer un dérèglement du sonar ou bien des troubles cérébraux…

Il peut également s'agir d'un animal sévèrement blessé, suite à l'attaque d'un prédateur, par exemple.

 

Autre fait d'actualité :

LE LFAS : Low Frequency Active Sonar (Sonar actif à basse fréquence) :

Ce système, employé par la Marine américaine, permet de détecter et de suivre les mouvements sous-marins ennemis. Les sons, émis dans 75% des océans, peuvent atteindre quelques 240 décibels, ce qui équivaut au tintamarre causé par cent mille avions à réaction qui décollent ! Selon des enregistrements sonores, le son s'élève encore à 140 décibels et pourrait être audible à plus de 480 km du point de départ.

On sait qu'un tel bruit perturbe la communication chez les grands cétacés et peut aussi perturber leur reproduction. Des exercices actifs de sonar basse et moyenne fréquence ont pu être scientifiquement corrélés à des échouages et à des décès de cétacés en Mer Méditerranée et aux Bahamas. Les autopsies effectuées sur les baleines échouées aux Bahamas montrent clairement des signes d'hémorragie liée à l'effet du sonar militaire. Les scientifiques craignent aujourd'hui que si le LFAS et d'autres systèmes de sonars actifs à haute intensité continuent à être déployés dans le monde, toutes les espèces de mammifères marins pourraient être affectées, ainsi que l'ensemble de la chaîne alimentaire marine. Source : pétition émise par l'ASMS, en 2003, contre l'utilisation de tels systèmes, relayée par Réseau-Cétacés.

 

Et les tristes exemples ne manquent pas …

 

En mai 1996, une douzaine de baleines à bec de Cuvier s'échouent dans le golfe de Kyparissiakos, sur la côte grecque. Au même moment, un navire de l'Otan effectue des tests LFAS dans la zone. 

En automne 1997, tandis qu'on expérimente le LFAS au large des côtes californiennes, on trouve trois baleines et un cachalot morts dans la zone concernée.

Le 15 mars 2000, aux Bahamas, on déplore un échouage de mésoplodons : cinq navires de Navy viennent de procéder à des émissions acoustiques LFAS. Au même moment, toujours aux Bahamas, plus d'une quinzaine de cétacés sont retrouvés morts. Aucun n'a l'estomac vide. Aucun n'est porteur de maladie chronique ou de tumeur. Aucun ne souffre d'intoxication ni de blessure grave. Mais ils présentent des traumatismes auditifs, notamment des hémorragies d'oreilles.

Selon Cheryl Magill, l'une des activistes anti-LFAS, les fréquences sonores des tests sont comprises entre 766 et 965 hertz, dans une zone acoustique hautement sensible pour les cétacés. L'intensité des émissions atteint 235 à 255 décibels au départ, et 180 décibels dans un rayon de 2 kilomètres. A 180 décibels, l'être humain devient sourd en une minute. Les cétacés aussi ! Ils prennent peur à partir de 155 décibels.

Pour un dauphin, 180 décibels peuvent même constituer un traumatisme fatal…

Or, il faut savoir qu'à l'apogée de son déploiement, la Navy prévoit que le système LFAS couvrira 80 pour 100 des océans ! Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.

 

Voici un autre extrait du livre « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET, lequel traite des différentes hypothèses (avérées ou non) à l'origine des échouages :

 

  1. Certains animaux s'échouent, mais ils étaient déjà morts en mer – de vieillesse, de maladie ou d'accident. A l'autopsie, les principales affections qu'on leur découvre sont l'insuffisance cardiaque, l'œdème pulmonaire et la broncho-pneumonie. Dans le golfe de Gascogne, les pics d'échouage coïncident avec les grosses tempêtes du large. Des jours entiers de vagues énormes épuisent même les meilleurs nageurs.
  2. Parmi les cétacés qui finissent sur le rivage, certains souffrent d'empoisonnements dus à des pollutions : mazout de marées noires, rejets agricoles, domestiques et industriels, cocktails fatals de métaux lourds, de PCB et de pesticides, surcharges en isotopes radioactifs…
  3. Entre mille pollutions d'origine humaine, on a aujourd'hui la certitude que les nuisances sonores jouent un rôle décisif. Le tintamarre des moteurs de bateaux, ajouté à celui des milliers de sonars qui scrutent l'océan, perturbe le système d'écholocation des odontocètes. Ces dernières années, les programmes de la Marine américaine, destinés à espionner les « ennemis » à l'aide de super-sonar émettant avec des puissances énormes, ont fait la preuve de leur nocivité. Non seulement ces pollutions sonores perturbent les cétacés au point qu'ils ne parviennent plus à trouver les partenaires sexuels et à se reproduire, mais ils les « aveuglent », les égarent et provoquent des échouages. Une hécatombe !
  4. On ne peut pas exclure que certains « suicides » aient pour cause… la violence d'autres cétacés. Anne Collet cite le cas d'un dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba) mourant sur le sable, le corps tailladé de coups de dents par ses congénères ; l'animal avait été « condamné » pour une raison mystérieuse… Les orques de Crozet « jouent » à se pousser les unes les autres sur le sable : une erreur peut survenir. Et on a vu des marsouins se jeter sur le sable, terrorisés par l'arrivée d'une troupe d'épaulards ou même de tursiops.
  5. Chez les cétacés comme chez d'autres espèces, une explosion démographique peut forcer certains sujets à quitter des parages connus, et à se perdre en cherchant un nouveau territoire.
  6. Les cétacés qui expirent à la côte sont souvent affaiblis par des parasites. En 1972, S.H. Ridgway et M.D. Dailey ont trouvé, dans le cerveau de dauphins morts au sud de la Californie, un grouillement de vers trématodes.
  7. En 1979, le Français J. Maigret a étudié les échouages répétés de dauphins et de globicéphales à la presqu'ile du Cap-Vert, au Sénégal. Ces accidents surviennent surtout à la fin du printemps, en même temps que des pullulations de plancton végétal – des « marées rouges » d'algues unicellulaires de la classe des dinophycées, tels les toxiques Gonyaulax. Les cétacés s'empoisonnent en buvant un peu de cette « soupe de sorcière », ou en avalant des poissons contaminés.
  8. Chez les odontocètes, la structure et la hiérarchie du troupeau sont centrées sur un grand mâle (le pacha), et plus souvent encore sur une femelle dominante (la matriarche) . S'il arrive que ce leader ou cette meneuse s'échoue, le groupe entier suit. C'est ce qu'on nomme « l'effet moutons de Panurge ».
  9. Encore faut-il déterminer pour quelle raison le chef (ou la « cheffe ») perd sa route. On a supposé que certains fonds de vase absorbent les ondes sonar. Cette explication semble… vaseuse. Les tursiops qui chassent près des côtes fangeuses de Caroline du Sud, et montent gober les poissons jusque sur la rive, n‘ont aucun problème d'écholocation .
  10. Une hypothèse voisine a été énoncée par le Hollandais W.H. Dudok van Heel : les cétacés pourraient être abusés à la fois par une côte vaseuse en pente douce et par une tempête. On n'y croit guère.
  11. Les facteurs internes restent les plus probables. Un dauphin sourd est perdu. Les maladies du système auditif peuvent avoir diverses causes (malformations, infections, etc). Lorsqu'elles sont dues à des parasites transmissibles (virus, bactéries ou vers), elles peuvent expliquer les échouages en masse. En 1973, l'Américain J.R. Geraci a découvert, dans les sinus auditifs de cétacés en difficulté, des invasions de petits nématodes, vers ronds cousins des ascaris et des oxuyres. Dès 1955, le Russe S.L. Delyamure avait soupçonné le rôle de parasites analogues dans des échouages de marsouins devenus sourds, en Crimée.
  12. On a supposé que certains cétacés iraient à la mort en voulant franchir un bras de mer qui existait jadis, dont leur espèce aurait gardé la mémoire, mais qui aurait été supprimé par des bouleversements géologiques ou un changement du niveau des mers. Science-fiction.
  13. J.R. Geraci et F.G. Wood ont bâti une autre hypothèse. Les cétacés, rappellent-ils, descendent de mammifères terrestres, puis amphibies. Effrayés ou blessés, ces derniers se réfugiaient d'instinct sur la terre ferme. Les échouages pourraient constituer une résurgence de ce comportement. Inquiets ou malades, les dauphins et leurs cousins auraient le réflexe de se précipiter sur une plage pour se mettre à l'abri. Issu d'iguane terrestre, l'iguane marin des Galapagos adopte cette conduite. Mais son évolution ne date que de 8 millions d'années – pas plus de 55 !
  14. Lorsque des cétacés s'échouent, il arrive que de bonnes âmes humaines tentent de les remettre à flots. Au désespoir de leurs « sauveteurs », les animaux reviennent avec obstination sur le sable. Tout se passe comme si l'aiguille de leur « boussole » interne restait bloquée en position erronée. Cette remarque a suggéré à certains scientifiques de creuser la piste du sens magnétique. Les dauphins et leurs cousins possèdent, dans le cerveau, de petits cristaux de magnétite grâce auxquels ils sont sensibles à d'infimes changements d'intensité du champ magnétique terrestre. Celui-ci varie localement : les souffleurs apprennent à se déplacer selon des lignes appelées « isodynames » (d'égal champ). Les gros orages, les éruptions solaires, peut-être certains cycles lunaires, modifient les données normales : les cétacés perdent (littéralement ! ) la boussole.
  15. Aristote, déjà intrigué par les échouages de dauphins, avouait en ignorer la cause. Louable humilité du philosophe : concluons comme lui !

 

NB : j'ai fidèlement retranscrit les propos de l'auteur, cependant les conséquences pathologiques de certaines formes de pollution sur les cétacés sont encore méconnues (alinéas 2 et 7 par exemple) :

- Voir le chapitre « MORTALITE DES DAUPHINS, ET DES CETACES EN GENERAL (causes) » -

 

- Education -

NB : Ce Chapitre vient en complément de celui intitulé « ACCOUCHEMENT ».

C'est la maman qui assure l'éducation de son petit. En plus de lui offrir des soins attentifs et de l'affection, durant plusieurs années, elle lui apprend la survie, la chasse, la communication… toujours assistée par d'autres femelles. En fait l'apprentissage se fait principalement par mimétisme : le delphineau reproduit les gestes, postures et mouvements de sa maman.

Lors des pauses récréatives en pleine eau, les femelles se positionnent en « U » à l'intérieur duquel les petits peuvent jouer en toute sécurité.

Les opérations de « baby-sitting » existent également chez les dauphins, en effet lorsqu'une maman doit aller chasser, elle s'en remet aux autres femelles qui assureront la garde du petit.

Durant toute cette période d'éducation la femelle se consacre à son petit et n'est pas disponible pour de nouveaux ébats amoureux, refusant toute sollicitation d'autres mâles .

 

 

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Introduction - A - C - I - J - M - O - S - Conclusion

 

© Réseau Cétacés 2005