![]() |
|
|||||||||||||||
|
|
| - Les News |
| - Nos Dossiers |
| - Nos Conférences |
| - Les Menaces |
| - La Captivité |
| - Les Dauphins Ambassadeurs |
| - Rencontre Avec... |
| - La Médiathèque |
| - Les Liens |

![]()
Réseau-Cétacés est membre du Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal
![]()
Le site Réseau-Cétacés a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL
Comme indiqué en préambule de cette rubrique, à quelques endroits de la Planète des groupes entiers de dauphins initient également des contacts réguliers avec les hommes, il s'agit, entres autres, des dauphins de Monkey Mia, de Maravilla et de Panama City …
Ce paragraphe est également l'occasion de souligner l'impact que peuvent avoir les activités humaines sur ces groupes de dauphins et d'aborder les différentes manières de gérer les interactions homme/dauphin afin d'éviter tout débordement.
Commençons avec…
Les dauphins de Monkey-Mia :
La plage de Monkey-Mia (Shark Bay – Côte ouest de l'Australie) est un haut lieu d'interactions homme/dauphin.
Shark Bay est fréquenté par deux sortes de dauphins de l'espèce Tursiops :
- des dauphins vivant en groupes mais qui viennent spontanément et régulièrement interagir avec les hommes.
- des dauphins vivant en groupe, lesquels, même s'ils guettent de temps à autre et à distance les interactions de leurs congénères avec les hommes, n'interagissent pas avec ces derniers.
C'est naturellement du premier groupe de dauphins dont il est question dans ce paragraphe.
Très régulièrement et depuis des années, des dauphins, parfaitement libres, viennent sur la plage de Monkey Mia réclamer, dans une surface d'eau très faible, des poissons aux touristes (voir la photo ci-dessous).
L'origine exacte de cet échange entre humains et dauphins reste un peu incertaine, car elle remonte dans le temps et implique des gens sans lien les uns avec les autres. Il semble qu'une jeune fille en vacances ait commencé à nourrir les dauphins autour de la jetée, il y a de cela des années. (Certains disent 1957, d'autres 1972, mais la date qui revient le plus souvent est 1964). En fin de compte, elle attira les dauphins jusqu'à la plage et les nourrit régulièrement. L'un des dauphins devînt extrêmement amical. Les pêcheurs l'appelaient Old Charlie, bien qu'il s'agît probablement d'une femelle. Ce dauphin devint une légende dans Shark Bay et l'on raconte qu'il laissait les enfants s'asseoir sur lui tandis que les parents prenaient des photos.
Charlie se pointait au bout de cette jetée de 150 m tous les matins à 7h15 encerclant les harengs pour les pousser vers les pêcheurs. Il les gardait bien rassemblés tandis que les hommes pêchaient en ferrant de grands coups. Quant à lui, il ne prenait que les harengs blessés qui se détachaient. Si par hasard il venait lui aussi à être ferré, il nageait jusqu'à la plage pour qu'on lui retire l'hameçon. Puis, à 8h30 précises, Old Charlie éparpillait les harengs dans toutes les directions et c'en était fini d'attraper des appâts pour la journée .
Personne se s'en étonnait, c'était simplement un fait accepté que Charlie encerclait le hareng chaque matin pour les appâts de tout le monde.
Et puis, comme tant d'autres dauphins légendaires, Old Charlie fut retrouvé mort sur la plage. Certains disent qu'on lui tira dessus, peut-être un vacancier irrité par sa présence près de ses filets, mais sa mort pouvait être naturelle.
Depuis lors, d'autres dauphins ont continué à visiter cette plage . Source : « Ambassadeur des dauphins » de Wade Doak.
Avec le temps, de plus en plus de touristes du monde entier se sont rendus à Monkey-Mia, arrivant par cars entiers.
Afin d'éviter au maximum les débordements, dus à la malveillance ou bien à la méconnaissance de certaines personnes, une législation spéciale a été mise en place et des gardiens assurent aujourd'hui la protection des dauphins. Le rôle de ces « Rangers » consiste à surveiller les interactions et à sensibiliser les touristes sur les comportements à adopter ou, au contraire, à proscrire vis-à-vis des « visiteurs marins ».
En effet, plusieurs comportements aberrants ont été relevés à Monkey-Mia :
certaines personnes ont tenté d'agripper la nageoire d'un dauphin, contre son gré, afin de se faire tracter,
d'autres ont essayé de boucher l'évent des animaux avec un objet quelconque, d'y verser de la bière, ou d'y écraser leur cigarette,
des enfants leur ont jeté du sable dans les yeux,
un homme a même jeté son chien sur le dos d'un dauphin car ce dernier ne voulait pas interagir avec eux.
Cette liste d'actes malveillants n'est naturellement pas complète et certains dauphins n'ont pas hésité à montrer des signes d'agacement. C'est ainsi qu'une dauphine « habituée » de Monkey-Mia, prénommée Nicky, a mordu et frappé avec sa nageoire caudale, à plusieurs reprises, des visiteurs un peu trop envahissants. Cependant, Nicky ne s'éloignait pas pour autant et est régulièrement revenue à Monkey-Mia. Lorsqu'elle a mis son delphineau au monde, elle est même venue en sa compagnie à la rencontre des hommes… Auparavant, la dauphine avait également été amenée sur cette plage par sa maman, Holeyfin…
A Monkey-Mia, d'autres points noirs sont à relever, par exemple :
Dans une faible surface d'eau, les interactions ne doivent pas être prolongées. En effet, la peau du dauphin est très sensible au soleil et le risque de brûlure est élevé. C'est à cause d'une telle exposition que la dauphine Holeyfin a été brûlée et a conservé de sérieuses cicatrices.
Les poissons donnés par les visiteurs aux dauphins risquent fortement d'accoutumer ces derniers à cette facilité de s'alimenter, donc de les rendre dépendants, et de leur ôter tout réflexe de chasse. A propos de dépendance alimentaire, lisez plutôt ceci :
Au début de l'année, 7 bébés dauphins non sevrés sont morts. En même temps, des troubles comportementaux sont apparus chez les adultes, avec notamment une agressivité envers les humains. Le Department of Conservation and Land Management (CALM) d'Australie Occidentale a effectué une étude pour comprendre l'origine de ces problèmes : le don de poisson aux dauphins est en cause. Les mères auraient délaissé leurs petits pour privilégier leur relation avec les humains en acceptant à outrance le poisson offert à longueur de journée. Résultat : les jeunes non-sevrés sont morts de faim.
Qu'avons-nous donc de si attirant pour que des mères dauphins, si soucieuses de leur progéniture habituellement, se laissent complètement accaparer par notre présence ? Plutôt que l'intérêt que nous témoignent les cétacés, ce comportement remet en cause nos exigences à leur égard. Bien que nous ne soyons pas encore en mesure d'expliquer ce qui a pu se produire à Monkey Mia, notre présence massive est en cause. C'est le concept même de l'interaction à la chaîne qu'il faut bannir pour la sauvegarde des dauphins concernés autant que pour l'échange qui peut réellement s'effectuer entre eux et nous. Monkey Mia a trop été considéré comme un delphinarium en site naturel, d'où un tragique malentendu.
Le CALM a donc mis en place une réglementation interdisant l'alimentation des femelles allaitant. L'offrande de poisson ne peut désormais s'effectuer que dans le périmètre de plage réservé aux rencontres, sous la surveillance des Rangers. Le ministre australien de l'Environnement, Peter Foss, a déclaré à propos de cette nouvelle réglementation : « Les rencontres humains/dauphins peuvent considérablement accroître la prise de conscience du public en matière de conservation, en particulier dans le secteur de Shark Bay, classé Patrimoine Mondial. De toute façon, il est nécessaire de gérer cette situation pour lui permettre de se poursuivre sur de bonnes bases. Cela signifie que le bien-être des animaux doit passer avant tout ».
Dommage qu'il faille en arriver à ce genre de mesures contraignantes, dommage que le public ne comprenne pas d'emblée le privilège que les dauphins de Monkey Mia lui offrent au quotidien, dommage enfin que de jeunes dauphins en soient morts. Encore une leçon à retenir . Source : Bulletin Réseau-Cétacés N° 16.
Même si les « offrandes » de poissons représentent un facteur non-négligeable de déclenchement des interactions, il semblerait tout de même qu'il existe d'autres motivations :
Les quinze jours de visite de Fred Donaldson à Monkey-Mia coïncidèrent pour la plupart avec la période frénétique des vacances de pâques. Mais dans les premiers temps, alors qu'il y avait encore peu de monde sur la plage, un lien particulier s'établit entre l'homme de 43 ans originaire de Big Sky, au Montana, et un dauphin de Shark Bay, âgé de deux ans, nommé Holly. Fred ne lui offrit jamais de poisson, et en nombre d'occasions Holly préféra jouer avec lui bien qu'on lui proposa du poisson ailleurs . Source : « Ambassadeur des dauphins » de Wade Doak.
Une femme, prénommée Debra Glasgow, qui a séjourné à plusieurs reprises à Monkey-Mia afin d'étudier les dauphins, a rapporté à Wade Doak : qu'il était devenu banal de nager et de plonger avec les visiteurs de la plage (NB : il s'agit des dauphins) . De toute évidence, les dauphins y prennent plaisir et vont jusqu'à pousser les pieds des gens pour les inciter à jouer avec eux . Source «Ambassadeur des dauphins » de Wade Doak.
L'ouvrage de Wade Doak donne un autre exemple intéressant : Une autre fois, alors que Debra se sentait menacée par un gros poisson agressif, Puck (NB : un dauphin familier de Monkey-Mia) abandonna un groupe de gens qui lui donnaient du poisson pour venir à son aide en chassant l'intrus.

Monkey-Mia - Photo courtoisie Yann Brisson
Pour accéder au chapitre complet, cliquez ici (document PDF à télécharger).