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Réseau-Cétacés est membre du Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal
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Le site Réseau-Cétacés a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL
Introduction - A - C - E - I - M - O - S - Conclusion
Il est une activité des dauphins qui ne leur est pas particulière, mais qui souvent nous étonne : c'est leur amour du jeu. Certes, bien d'autres animaux jouent, les chats par exemple. Mais les jeux des dauphins, par l'esprit d'observation qu'ils supposent, par l'ingéniosité dont ils témoignent, nous incitent à leur prêter une conduite proche de la nôtre, surtout peut-être parce qu'il s'y mêle souvent une pointe d'humour. Source : «Les dauphins et la liberté » de Jacques-Yves COUSTEAU.
Le jeu – l'activité ludique – est une façon, pour le cétacé juvénile (comme pour le petit d'homme), d'apprendre à vivre. Une répétition, en entraînement pour les muscles et les nerfs, une occasion d'affiner les sens, de développer les réflexes, la mémoire et les connaissances.
Pour l'adulte, c'est l'opportunité d'exprimer des émotions, de décharger un trop-plein d'agressivité, d'extérioriser une bouffée d'émotion – peine ou joie. Ou de retomber en enfance ! Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
Les dauphins adoptent bon nombre de comportements que nous assimilons au jeu (sauts, nage acrobatique, marsouinage* à l'étrave d'un bateau…).
* le marsouinage consiste à faire des sauts sur le ventre très rapides. Le dauphin décolle à peine de la surface.
Le positionnement des dauphins à l'étrave des bateaux représente t-il uniquement un jeu ? Le Commandant Cousteau aborde la question dans son livre intitulé « Les dauphins et la liberté » :
On a tenté de trouver les raisons qui les poussaient à agir ainsi. On en a beaucoup discuté. Certains ont voulu voir là un comportement utilitaire : en se faisant pousser par la vague d'étrave, les dauphins économiseraient leurs forces et pourraient se faire transporter à une vitesse appréciable bien que sur une assez courte distance. Mais les dauphins, on l'a vu, n'ont pas besoin de l'aide d'un bateau pour atteindre de grandes vitesses. En outre, ils ne restent jamais très longtemps à l'avant d'un navire en marche. Ce n'est donc pas pour se propulser qu'ils se placent là, c'est pour « jouer » dit-on. Mais sommes-nous capables de concevoir ce que peut être le « jeu » pour un dauphin ?
Il ne semble pas que la vitesse des bateaux soit pour les dauphins un élément déterminant qui les incite à se faire « pousser » pendant un moment. En effet nous savons par des textes qu'ils évoluaient ainsi à l'avant des bateaux antiques qui étaient cependant très lents.
Aujourd'hui encore ils se conduisent de la même manière avec les petits voiliers pourvu que la vitesse de ceux-ci soit au moins de trois nœuds.
Il est possible que le contact des filets d'eau soulevés par l'avant des bateaux leur soit agréable, les chatouille, les masse, les caresse, ou tout simplement nettoie leur peau. Cette peau est très sensible et la caresse de l'eau leur cause peut-être un plaisir presque sensuel. Mais si cette explication était la bonne, ils pourraient tout aussi bien, pour éprouver de telles sensations, se placer dans le sillage du navire, dans les remous de l'arrière, or ils ne le font jamais.
On voit que la raison de ce comportement des dauphins est loin d'être bien connue. On peut admettre qu'ils ont l'habitude de venir spontanément au contact de tout ce qui flotte en surface…
Pourquoi les dauphins se livrent-ils à des acrobaties ?
Plusieurs hypothèses, dont certaines sont plutôt fantaisistes, ont été émises :
- méthode pour se débarrasser des parasites gênants (crustacés suceurs de sang, par exemple),
- manière de rabattre les bancs de poissons ou de calmars affolés par le choc des vagues et l'écume,
- aide à la digestion : les bonds aideraient à faire descendre dans l'appareil digestif les proies volumineuses !
En vérité, les sauts sont aussi des messages. Ils composent un langage.
Ils affirment, ils proclament haut et fort la présence de l'acteur, surtout si la tempête ou des bruits parasites brouillent les sonars. Ils aident à maintenir la structure du groupe durant la migration, en particulier par mauvais .
Mais, d'abord, ils indiquent le défi, la puissance, la volonté de conquête. Ils affirment la domination. Ils contribuent à établir la hiérarchie.
Ils peuvent se changer, l'instant d'après, en danses de séduction à l'adresse de congénères choisis, notamment de sexe opposé. Ils deviennent parades nuptiales ou offrandes sexuelles…
On a surtout l'impression que ce sont, souvent, de pures parties de plaisir ; la manifestation allègre et dynamique du bonheur de vivre libre dans l'immensité de l'eau, sans autre justification que la satisfaction qu'ils procurent…
Bref, ce sont des jeux . Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
Le jeu est pratiqué entre congénères mais il arrive que le dauphin apprécie la compagnie humaine pour s'adonner à ses activités ludiques :
- Voir les chapitres « Ambassadeurs » et « Interactions des dauphins avec les hommes et les animaux d'une espèce différente » -
Voici une liste des disciplines ludiques auxquelles s'adonne le dauphin :
Le surf :
Les dauphins, particulièrement les marsouins et les petites espèces, s'adonnent à cette pratique qui consiste à se laisser porter par les vagues naturelles ou celles créées par les mouvements des bateaux. Et cela peut durer des heures…
La voile :
Lorsqu'il y a suffisamment de vent, les dauphins nagent en surface en recourbant la partie postérieure de leur corps au-dessus de l'eau. Ils dressent leur nageoire caudale au-dessus de l'eau et se laissent pousser par le vent.
Mais les dauphins sont également friands de jouets :
Ils imaginent et s'amusent avec toutes sortes de jouets : cailloux, coquillages, algues, étoiles de mer… Aux Antilles, aux Galapagos, en mer Rouge, en Afrique du Sud, en Australie, etc, on, a vu des dauphins se constituer un trésor d'Ali Baba dans une grotte de roche ou de corail. L'animal, de temps à autre, vient prendre quelque chose pour s'amuser. Source : « La vie secrète des dauphins de Yves PACCALET.
Il arrive également qu'ils se distraient avec de petites proies : crustacés, poissons… En revanche, ils jouent également avec les détritus laissés par l'homme : bouteilles en verre, sacs en plastique qui représentent un danger pour l'animal .
Ou de certains jeux cruels…
Nous avons vu, un peu plus haut, que le dauphin aime s'amuser avec de petites proies telles que les crustacés et les poissons mais il est également fait état de jeux avec d'autres espèces plus évoluées, jeux qui peuvent entraîner la mort de ces dernières :
En Bretagne, le tursiops attaque sans raison alimentaire le goéland ou le fou de Bassan, et le noie après l'avoir épuisé. Aux îles Galapagos, des dauphins tourmentent (rien que pour « rire ») les otaries à fourrure et les lions de mer, ainsi que les iguanes marins (que les lions de mer eux-mêmes prennent pour des jouets : le monde est dur !). Dans les îles Subantarctiques ou en Patagonie, l'orque saisit le manchot ou le jeune éléphant de mer, dont il fait son repas ; mais c'est d'abord pour le réduire au rôle de ballon de basket ou de football : il le jette à plusieurs mètres en l'air et le rattrape au ras des vagues, plusieurs fois de suite, avec une franche jouissance. Ou bien il expédie le malheureux à des dizaines de mètres par dessus la surface, d'un énorme coup de caudale, avant de le reprendre et de réitérer…
En 1996, Ben Wilson et son équipe ont trouvé, sur une plage du Moray Firth, en Ecosse, un cadavre de marsouin des ports (ou marsouin commun). L'animal portait des plaies profondes, parallèles, qui couraient sur les deux flancs et avaient causé une hémorragie fatale. Les lésions s'accompagnaient de traumatismes internes : côtes cassées, poumons perforés… Après avoir soupçonné divers prédateurs (dont les requins, éternels accusés), les scientifiques ont dû admettre que les balafres avaient été infligées par un tursiops : la distance entre les stries sanglantes était exactement celle qui sépare les dents de « gentil » Flipper ! Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
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