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Réseau-Cétacés est membre du Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal
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Le site Réseau-Cétacés a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL
Introduction - A - C - E - I - J - O - S - Conclusion
NB : ce chapitre vient en complément de celui intitulé « ECHOUAGES ».
L'espérance de vie des dauphins sauvages est, en moyenne, de 45 ans pour les mâles et 55 ans pour les femelles.
En revanche, elle n'est que de 20 ans, en moyenne, pour les dauphins captifs.
Les activités humaines et leur impact sur l'espérance de vie des cétacés :
A ce jour, les principales causes de mortalité des dauphins, et de tous les cétacés en général, sont directement ou indirectement d'origine humaine. Cet impact de l'homme sur l'espérance de vie des cétacés reste cependant difficile à chiffrer car toutes les dépouilles ne viennent pas systématiquement s'échouer sur le rivage mais coulent en mer ou bien sont dévorées par des nécrophages. Pour cette même raison, le nombre de cétacés morts de cause naturelle n'est pas plus facile à déterminer.
Il est tout de même possible d'avoir une idée du chiffrage :
Par exemple, concernant le problème des thoniers et de leur impact sur la mortalité des cétacés, des observateurs ont été en mesure de donner des estimations : deux millions de dauphins pris dans les filets des thoniers du Pacifique en 20 ans…
Les massacres volontaires :
Le tir au fusil :
Certaines personnes n'hésitent pas à abattre les cétacés sous prétexte d'une pseudo-concurrence dans la quête du poisson.
A ce propos, il est utile de rappeler qu'en France, les cétacés sont légalement protégés : i l est interdit de les tuer, de les capturer ou de les poursuivre.
Cependant, les « règlements de compte » existent quand-même…
L'exploitation commerciale :
- La chasse à la baleine.
- Les prises aborigènes :
Aux Iles Salomon, par exemple, depuis des temps ancestraux, les dauphins sont chassés et tués pour leur chair et leurs dents.
- Les captures pour appâter :
Exemple : en Amérique du Sud et en Asie du sud-est, les pêcheurs de requins appâtent ces derniers avec de la viande de dauphin.
- les captures pour approvisionner les zoos marins, l'Armée et les centres de recherche :
Pour chaque dauphin emprisonné en bassin dans un état de santé « acceptable », il faut compter 3 à 10 morts…
En effet, la capture des dauphins dans leur élément naturel est réalisée à l'aide de filets. La traque peut durer des heures. Les dauphins, sous le coup du stress et de la frayeur, peuvent s'échouer ou se noyer et il y a même des femelles qui avortent. De plus, leur peau est très sensible et elle se déchire sur le rebord des bateaux ou bien dans les mailles des filets.
Ce taux de mortalité dû aux captures est beaucoup moins élevé que celui dû à la pollution et aux filets de pêche mais il n'est pas négligeable pour autant…
- Les captures à des fins alimentaires :
Au Pérou, par exemple, malgré la législation mise en vigueur, des pêcheurs continuent illégalement de tuer des dauphins afin d'en revendre la viande.
Des massacres « gratuits » sont également pratiqués : aux Iles Feroës, par exemple, il est de « coutume » de massacrer des globicéphales…
- Voir également le paragraphe « Retour sur certains faits d'actualité » à la fin de ce chapitre -
Les actions indirectes :
Les prises accessoires :
Il s'agit des prises accidentelles dans les filets de pêche estimées aujourd'hui à plusieurs dizaines de milliers de cétacés dans le monde.
- Voir le texte consacré aux filets de pêche à la fin de ce chapitre, paragraphe « Retour sur certains faits d'actualité » -
Les manœuvres militaires :
Explosions, tests de systèmes SONAR :
- voir le texte « LE LFAS : Low Frequency Active Sonar (Sonar actif à basse fréquence) » au chapitre « ECHOUAGES » -
Le trafic maritime :
Collision des embarcations avec des cétacés. Ces accidents concernent surtout les espèces de taille importante (les rorquals par exemple).
A ce jour, les raisons pour lesquelles l'animal se laisse percuter par les embarcations demeurent inconnues : l'animal a t-il des difficultés à évaluer les distances ? Dort-il profondément ?
La pollution :
Les déchets toxiques que l'homme déverse dans l'océan détruisent l'environnement et la nourriture des dauphins. La pollution diminue leur résistance aux maladies. Et le bruit des bateaux de pêche perturbe leur appareil auditif.
Certains de ces produits contaminent la chaîne alimentaire. Au plus bas de cette échelle, les produits toxiques se fixent dans les organismes vivants ; les premiers les transmettant aux seconds et ainsi de suite… Du plancton aux prédateurs situés en bout de chaîne alimentaire, la concentration ne cesse d'augmenter au point d'affecter la santé des espèces les plus élaborées. Les cétacés, arrivant en tête de cette chaîne, ingèrent des proies dans lesquelles la contamination est très concentrée. Les cétacés exclusivement consommateurs de poisson sont plus menacés que les cétacés consommateurs de crustacés, en effet dans l'organisme de ces derniers les polluants sont plus faiblement concentrés.
Les petits des mammifères marins sont les premiers concernés par le fléau puisque les substances chimiques sont transmises aux nouveaux-nés par l'intermédiaire du lait maternel et ces derniers ont une faible capacité de détoxication. Mais ils peuvent être également contaminés avant leur naissance : en effet, un certain nombre de ces produits passent la barrière placentaire.
Il existe plusieurs formes de pollution :
* La pollution par hydrocarbures (ce type de pollution concerne toutes les mers du Globe) : naufrage d'un pétrolier, dégazage des bateaux en mer etc…
Les conséquences de la pollution par hydrocarbures sur les cétacés sont méconnues :
Des expérimentations conduites en captivité par GERACI et al. ont montré que les Tursiops étaient capables de déceler la présence d'une fine pellicule d'hydrocarbure à la surface de l'eau, et pouvaient l'éviter, même de nuit. En dépit de cela, des Baleines grises, Eschrichtius robustus, et des Rorquals communs, Balaenoptera physalus, ont été observés traversant des nappes de pétrole durant leur migration, apparemment sans dommage (GASKIN, 1992). HENNINGSEN & WURSIG (1991), étudiant les Grands Dauphins dans la baie de Galveston, Texas, ont fait plusieurs observations de bandes de dauphins passant des heures au milieu de nappes de pétrole alors qu'ils se trouvaient à proximité immédiate de l'eau libre.
Plusieurs études ont montré, a contrario, une modification du comportement et une perturbation de la distribution de nombreux cétacés, pélagiques et côtiers, confrontés à un déversement soudain d'hydrocarbures dans leur écosystème. Le naufrage de l'Exxon Valdez, en 1989 (45 000 tonnes de pétrole), serait à l'origine de la mort de nombreux individus des populations de Baleines grises, de Mégaptères, de Rorquals communs et de Petits Rorquals, de l'Orque commune et du Marsouin de Dall des côtes de l'Alaska. Encore faut-il préciser que ces études n'ont pas pris en compte les effets à long terme de tels événements, car le suivi des individus survivants ayant été en contact avec la nappe de pétrole aurait nécessité des moyens à la mer et de marquage particulièrement difficiles à mettre en œuvre.
Une observation intéressante a cependant été effectuée à ce sujet. La nappe de pétrole de l'Exxon Valdez a envahi le territoire d'un groupe d'orques résidents. Six ans après la catastrophe, il ne reste plus que 22 des 36 individus connus auparavant. Diverses hypothèses sont encore discutées à ce sujet : mortalité directe par intoxication, destruction de la structure sociale du groupe en raison de la disparition de quelques individus hiérarchiquement importants, raréfaction des proies également touchées par la marée noire ? Source : « Intérêt des échouages – Pathologie des cétacés » par Frank DHERMAIN.
* La pollution par les pesticides, PCB et métaux lourds :
Pesticide : se dit d'un produit chimique destiné à lutter contre les parasites animaux et végétaux des cultures.
P.C.B : PolyChloroBiphényle - groupe de substances chimiques.
Métaux lourds : mercure, plomb…
De nombreux cétacés sont menacés par l'industrialisation mondiale, particulièrement ceux évoluant à proximité des côtes japonaises, californiennes, du Golfe du Mexique, du Golfe du Saint-Laurent, de la mer Baltique, de la mer du Nord, de la mer Noire et de la Méditerranée occidentale (mers semi-fermées avec une forte activité agricole et/ou une industrie lourde sur le littoral).
La contamination par P.C.B, par exemple, rend les individus plus vulnérables aux infections épidémiques, lesquelles peuvent se révéler fatales.
Dans l'estuaire du Saint-Laurent (Québec) certains cadavres de bélougas sont considérés par les associations écologistes comme des déchets toxiques, tant leur teneur en mercure est importante ! Ces mêmes bélougas s'avèrent frappés par un nombre anormalement élevé de tumeurs, attribuées à la contamination du fleuve par les pesticides, métaux lourds et P.C.B. Source : « Intérêt des échouages – Pathologie des cétacés » par Frank DHERMAIN.
Le risque pour les humains de consommer de la viande ou bien de l'huile de cétacés est donc présent ! (mise en évidence de la présence de pesticides et de P.C.B. dans les huiles extraites des cétacés et dans la chair de globicéphales noirs).
Voici un extrait du livre « La vie secrète des dauphins », de Yves PACCALET, lequel traite de cette forme de pollution :
En 1987, une série de 375 échouages de tursiops, du New Jersey à la Virginie, laisse perplexe le professeur Geraci. Les cétacés présentent des pathologies variées : cancers, mycoses, ulcérations, véroles, pneumonies, entérites, méningites etc… On jugerait les maladies opportunistes liées au sida humain.
La presse à sensation s'empare de l'affaire. On décrit des cas similaires, les années suivantes, sur les rivages de l'Europe et du Japon, et des deux côtés de l'Amérique. Existe-t-il un « sida » des cétacés ? Si oui, peut-on craindre un risque de transmission de virus pathogène à notre espèce ?
Les dauphins jetés sur les plages, agonisants ou morts, sont en effet victimes d'un effondrement de leurs défenses immunitaires. Mais il ne semblent pas contaminés par un agent de type VIH : on ne retrouve aucun rétrovirus de cette catégorie dans leurs cellules. Le responsable de l' « épidémie » est identifié : il s'agit d'un infernal cocktail de métaux lourds, de pesticides, de dioxines et de PCB .
* La pollution par les éléments radio-actifs :
A ce jour, il semblerait que cette forme de pollution n'ait pas de conséquences très inquiétantes sur les cétacés.
* La pollution sonore :
Certains sons puissants ( moteurs des bateaux, sondes marines etc…) créent un phénomène de résonance chez le cétacé, pouvant le tuer.
Il convient de s'attarder sur ce sujet d'actualité qu'est la pollution sonore :
Une cause essentielle de mortalité des cétacés tient désormais au bruit intense et continu que nous faisons sous la mer.
Les baleines et les dauphins vivent, s'orientent et communiquent grâce aux sons qu'ils émettent ; clics, sifflets, murmures, grincements et chants. Ils sont hypersensibles à toutes les agressions acoustiques.
Le tintamarre de nos moteurs et les ondes de nos sonars artificiels investissent la sphère liquide. Les souffleurs en pâtissent. Leur système d'écholocation s'en trouve affecté. Saturé. Déréglé. Les animaux se perdent, s'écartent de leur itinéraire normal, paniquent et s'échouent. Ou bien ils ne parviennent pas à localiser leurs proies : leur activité de chasse en pâtit ; ils dépérissent.
A la saison de la reproduction, les messages qu'ils envoient à travers l'océan à leurs partenaires sont brouillés ; les invitations amoureuses ne parviennent pas à l'âme sœur. Roméo ne rencontre plus Juliette…
Les liens sonores qui unissent les mères et leur petit sont, eux aussi, perturbés par les sons que nous émettons : des bébés s'égarent ; beaucoup éprouvent de la difficulté à apprendre la langue et les codes de leur troupe
A leur tour, les communications entre adultes sont affectées : la cohésion des clans diminue, ce qui aboutit à des « ratés » regrettables au cours de chasses collectives ; ou à des incompréhensions fatales lorsque survient un danger. Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
Concernant la pollution sonore, voir également le texte :
- « LE LFAS : Low Frequency Active Sonar (Sonar actif à basse fréquence) »
au chapitre « ECHOUAGES » -
* Les déchets de la « vie quotidienne » jetés en mer :
Des corps étrangers tels que des sacs plastiques par exemple, ont été retrouvés dans l'estomac de certains cétacés… Ces déchets peuvent provoquer la mort de l'animal qui les ingère.
Ce problème est accru dans les bassins de captivité :
Les visiteurs laissent traîner des sacs plastiques, prospectus etc… qui peuvent tomber à l'eau. Les dauphins, pour tromper leur ennui et/ou satisfaire leur curiosité ingèrent accidentellement ces détritus…
Les causes naturelles de mortalité des cétacés :
- Les attaques de prédateurs :
Par exemple, outre l'homme, les principaux prédateurs du dauphin sont :
L'orque : bien qu'elle soit de la même « famille » que le dauphin, elle sait le noyer en l'entraînant au fond de l'eau.
Le requin : (le requin blanc et le requin-tigre) qui profite d'un moment de détresse pour l'attaquer, en effet les squales se méfient tout de même de la puissance du dauphin (un coup de rostre de ce dernier asséné au niveau du foie fragile du requin fait bien des dégâts), et n'osent généralement s'en prendre qu'à un vieil individu, à un malade ou encore à un bébé. Cependant, dauphins et requins peuvent s'associer lors d'opérations de chasse et poursuivre ensemble des bancs de poissons et de calamars. Cette « complicité » est observée chez les sténelles tachetées des Iles Bahamas et de la Floride ainsi que chez le grand dauphin en Australie, à Moreton Bay plus exactement, et au large du Costa Rica.
Pour parer les attaques de prédateurs marins, il y a une réelle nécessité pour les dauphins de vivre en groupe : le nombre d'individus permet aux adultes d'affronter plus aisément le danger en préservant les plus petits, de se disperser en de multiples endroits ce qui contraint les adversaires à se diviser…
Exemple : Si le péril est imminent, les dauphins lancent l'alerte, se regroupent et préparent la contre-attaque. Ils se concertent à l'aide de clics et de coups de sifflets . Ils entourent les prédateurs. Ils chargent… au signal de l'un d'eux, ils foncent à toute vitesse, de toute leur puissance, en assenant de grands coups de rostre dans le ventre des poissons… Source : « La vie secrète des dauphins » - Yves PACCALET.
- Les conflits inter-espèces :
Il est fait état, par exemple, de grands dauphins ayant battu à mort des marsouins communs … A ce jour, les motivations de ces comportements n'ont pas été éclaircies…
- Les accidents liés à la chasse :
Il est fait état de quelques cas démontrant qu'un gros céphalopode (pieuvre, seiche, calmar) aurait obstrué l'évent de son prédateur (un tursiops), provoquant ainsi sa mort par asphyxie.
Une technique de chasse très particulière se révèle également dangereuse pour certaines espèces qui la pratiquent, il s'agit de la technique de recherche de proie à terre (c'est, par exemple, de cette manière que les orques des Iles Crozet chassent les manchots et les phoques) : si le prédateur s'échoue trop franchement sur la terre ferme, afin de débusquer sa proie et, et qu'une aide n'est pas portée rapidement, il meurt.
C'est ainsi que le 26 décembre 1941, aux Iles Baléares, à Majorque plus précisément, une orque poursuivant un banc de dauphins s'est échouée.
- L'emprisonnement dans les glaces :
Cet exemple s'applique naturellement aux espèces arctiques.
- Les pathologies courantes pouvant se révéler mortelles :
Dès leur naissance, les cétacés sont soumis à de multiples agressions. Un individu vieux sera donc celui qui aura bénéficié d'une meilleure résistance aux agents infectieux et su déjouer les obstacles dressés devant lui.

Les cétacés sont contaminés par les maladies communes aux mammifères, quelles qu'en soient les origines. Infections, dysfonctionnements, parasites entraînent souvent des pathologies graves dont le développement peut causer la mort ou provoquer un affaiblissement tel que l'individu malade devient incapable de se défendre contre un agresseur.
A titre d'exemple, voici deux pathologies bien connues chez les dauphins, lesquelles peuvent s'avérer mortelles :
NEMATODE : parasites situés au niveau des organes vitaux.
MORBILLI VIRUS : épidémie virale très contagieuse. C'est un germe proche de celui de la maladie de Carré (pathologie canine). La majorité des dauphins contaminés par ce virus s'échouent.
Il existe également des pathologies liées à la mise-bas, appelées dystocies . Exemple : une femelle cétacé est conçue de manière à ne pas mettre au monde plus d'un petit à la fois, la multigémellarité (le fait de porter plusieurs petits) peut représenter un danger pour la future maman lors de l'accouchement. C'est ainsi qu'une hypothèse de dystocie a été émise suite à la découverte d'un dauphin de risso, mort après avoir donné naissance à un petit alors que deux fœtus étaient présents dans son abdomen.
Retour sur certains faits d'actualité :
Au Pérou, la viande de dauphin est servie comme amuse-gueule :

Les tueries de dauphins pour la consommation humaine au Pérou sont rapportées pour la première fois en 1960.
Dans les années 1970, la viande de dauphin commence à être vendue sous le nom "MUCHAME". Cette viande, servie en apéritif, est extraite de la partie dorsale de l'animal.
Dans les années 80, 5 espèces de petits cétacés sont pêchées dans un but de consommation humaine : le lagénorhynque obscur, le marsouin, le dauphin commun, le grand dauphin et le globicéphale.
En 1989, la population péruvienne de lagénorhynques obscurs est déclarée en péril par l'IUCN (un groupe de protection des animaux) et le Ministère de la Pêche interdit, le 23 novembre 1990, l'extraction, le traitement et la commercialisation des petits cétacés ; mais la mise en application de cette règle a complètement échoué. En 1993, une inspection privée des ports et des poissonneries indique que le commerce de la viande de dauphin a augmenté (de 15 000 à 20 000 individus par an).
A la suite des publications traitant du problème, le Ministère de la Pêche interdit pour la seconde fois, le 5 août 1994, l'extraction, le traitement et la commercialisation des petits cétacés, mais là encore c'est un échec.
En 1996, l'organisation "Cruzada por la Vida" lance une campagne publique dénonçant le massacre des petits cétacés au Pérou.
A la suite de cette campagne, le Congrès péruvien vote, le 2 avril 1996, la protection de plusieurs espèces de dauphins et en interdit l'extraction, le traitement et la commercialisation.
Finalement, grâce à cette loi et à la campagne publique d'information, la consommation chute et la viande de dauphin n'est plus vendue en supermarchés.
Cependant, de récentes investigations de l'association péruvienne Mundo Azul ont prouvé que le commerce de la viande de dauphin se pratique toujours , de manière officieuse, au profit des restaurants et des poissonneries locales :
Lima, Pérou : 27.01.03 : D'après un rapport préliminaire, l'association Mundo Azul estime que la chasse illégale de dauphins pour la consommation humaine tue au moins 1000 dauphins par an, le long de la côte péruvienne.
NB : après diverses opérations d'investigation, ce chiffre a été finalement estimé à 3 000 individus par an.

Il y a de très claires indications d'un fleurissant marché noir de viande de dauphin au Pérou , a déclaré Stefan Austermühle, Biologiste et Directeur de Mundo Azul. Il explique également : Afin d'éradiquer cette tuerie illégale nous lançons une campagne d'information du public sur le problème de la tuerie des dauphins qui explique pourquoi ils doivent être protégés et qui donne des conseils sur la manière d'agir lorsqu'on est témoin d'activités illégales.
Pendant des années on a pensé que le problème était résolu, explique t-il : la vérité c'est qu'il ne l'est pas . Les rapports et les preuves photos réunis par Mundo Azul, tout au long des 3 000 km de côte, démontrent clairement que la chasse illégale de dauphins n'est pas un événement occasionnel mais bien une pratique très largement répandue.
Sur une plage aux frontières du nord du département côtier de Lambayeque, des membres de Mundo Azul ont trouvé plus de 20 dauphins tués pour la consommation humaine en un seul jour . Sur une autre plage, au sud du port de ville de Chimbote, en une semaine ce sont trois dauphins qui ont été coupés en pièces puis nettoyés sur le rivage. Le problème n'est pas limité à des plages isolées et difficiles à surveiller. En septembre dernier, nous avons eu le cas d'un dauphin trouvé sur une plage dans le port de ville de Pucusana, à 5 mètres du quai de pêche et à 50 mètres du bureau des autorités portuaires . Cela démontre , explique Austermühle, que les tueries de dauphins sont encore considérées comme des actes non graves par les autorités portuaires, les pêcheurs et les clients du marché noir. Mundo Azul a aussi réuni des informations selon lesquelles la viande de dauphin serait offerte dans les restaurants et dans les soirées de la haute société à Lima.
Afin de combattre les tueries illégales de dauphins, Mundo Azul a entamé une campagne nationale d'information, dont Réseau-Cétacés est partenaire.
Dans une situation où les fonds publics et privés sont insuffisants pour contrôler efficacement les côtes péruviennes, nous pensons qu'il est primordial de permettre aux citoyens de soutenir la protection des dauphins et de porter plainte de manière officielle s'ils détectent une tuerie illégale, une vente ou une consommation de viande de dauphin, explique Austermühle, et de conclure : Jusqu'à présent notre campagne a été une réussite et nous espérons maintenant trouver des fonds supplémentaires pour la continuer au fil des années et ajouter des activités supplémentaires telles que les programmes d'éducation environnementaux dans les écoles publiques.
Des informations sur l'avancée de la campagne lancée par Mundo Azul sont régulièrement mises en ligne sur le site de Réseau-Cétacés.
Mundo Azul est, à ce jour, à l'origine de plusieurs arrestations de revendeurs illégaux.
Pour suivre l'actualité des dauphins au Pérou :
Mundo Azul : http://www.peru.com/mundoazul/ingles/index.asp
(Les illustrations photographiques de ce texte ont été reproduites avec l'aimable autorisation de Mundo Azul)
Les filets qui piégent mortellement les dauphins :

- Les filets dérivants : ce sont des filets que déposent certains pêcheurs. Ces filets se déplacent selon les courants. Ils entraînent des poissons et des dauphins venus se nourrir de ces poissons.
Ces « murailles de la mort » que nous tendons partout dans les mers, constituent une cause essentielle de mortalité des animaux aquatiques… Non seulement les poissons recherchés disparaissent, surpêchés, et ne peuvent plus nourrir les orques et les dauphins – condamnés à la famine -, mais ces édifices de mailles tuent tout ce qui se présente.
Lorsqu'on les inspecte en plongée, le spectacle est insupportable. Le piège luit comme un maléfice dans l'eau glauque. Des poissons y agonisent : selon les cas, saumons, morues, requins, thons, etc. Mais aussi des tortues, des lions de mer, des otaries et des oiseaux plongeurs (macareux, guillemots, pélicans, cormorans…). Des dauphins et des marsouins, bien sûr ; pathétiques et inutiles cadavres, dont la queue ondule absurdement dans le courant.
Les filets dérivants – dits aussi « maillants dérivants » - sont en usage depuis la fin des années 1960. Leur taille n'a cessé de croître. De quelques centaines de mètres, ils sont passés à des kilomètres ; parfois plus de 100 ! On les mouille le soir. Ils dérivent et pêchent pendant la nuit. On les relève à l'aube. Ce sont des attrape-tout fatals… Pour récolter 1 million de calmars, un engin de ce type anéantit aussi 400 000 animaux non désirés, appartenant à plus de cent espèces. Or, ces barrages encombrent aujourd'hui tous les océans. En 1990, la Mammal Marine Commission américaine estimait que les flottes des divers pays en immergeaient chaque nuit une longueur cumulée d'environ 25 000 milles. Davantage que le tour de la Terre !
Même perdus par leurs propriétaires, ces pièges continuent de pêcher seuls. Fabriqués en nylon ou en autres fibres synthétiques, ils sont imputrescibles et quasi éternels (NB : et indétectable par le sonar des dauphins). Ils coulent, lestés de victimes, mais remontent lorsque celles-ci se sont décomposées. Et ainsi de suite… Devant ce pieux désastre, les associations de défense de la nature se sont mobilisées. En 1991, l'Assemblée générale des Nations unies a décidé que, à partir de la fin 1992, aucun filet dérivant de plus de 2,5 kilomètres de longueur ne devrait être mouillé. Pieux souhait… Les flottes industrielles continuent à utiliser des engins bien plus longs. Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
Les filets dérivants sont interdits depuis le 1 er janvier 2002 pour les pays de la communauté européenne.
- Les chaluts pélagiques : Des milliers de dauphins meurent chaque année dans les eaux territoriales européennes. Les responsables de ce massacre sont les chaluts pélagiques des armateurs européens de la pêche industrielle. Il faut imaginer un entonnoir qui, parfois, atteint plus de 30 000 m2 d'ouverture. Un gouffre qui ramasse tout sur son passage. Un matériel bien plus dévastateur que le filet dérivant souvent décrié et maintenant interdit. Le chalut pélagique ratisse n'importe quoi et, comme les captures ne peuvent pas être sélectives et que tous les poissons sont mélangés, jusqu'à 70% du contenu peut-être rejeté à la mer. Plusieurs tonnes de poissons morts et de cétacés passent ainsi par-dessus bord. On évalue les pertes entre 5 000 et 10 000 dauphins par an sur les côtes européennes. Source : introduction de la pétition, ayant pour thème la réglementation des chaluts pélagiques, diffusée en ce moment même par l'Association SOS Grand Bleu, et relayée par Réseau-Cétacés.

- Les sennes tournantes : Ce sont des filets utilisés pour la pêche au thon.
Dans le Pacifique tropical, plusieurs espèces de dauphins ont l'habitude de nager au-dessus des thons jaunes, ou albacores (Thunnus albacares), avec lesquels ils partagent leurs proies (anchois, sardines, etc.). En 1957, les Américains inventent la méthode dite de la « pêche sur dauphins » : ces derniers servent d'indicateurs. Où ils soufflent, il y a probablement du thon.
Les thoniers encerclent à la fois les gros poissons et les cétacés en déployant leurs sennes, puis relèvent ces pièges en fermant le fond comme une bourse. Les dauphins se retrouvent prisonniers, paniquent et meurent en masse. Pas moins de 800 000 victimes pour la seule année 1962 ! Au cours des années 1970–1980, la flotte des Etats-Unis extermine, chaque saison, entre 200 000 et 250 000 sténelles tachetées (Stenella Attenuata) et sténelles à long bec (S. Longirostris) en moins de 25 ans, 6 à 8 millions de ces dauphins sont anéantis ; 80 pour 100 des effectifs des deux espèces disparaissent des parages.
Les images que tournent Sam Labudde, un ami des cétacés, et l'association écologiste Earth Island Institute, alertent l'opinion américaine, qui boycotte le marché du thon albacore et contraint les compagnies de pêche à changer leurs méthodes. Très vite, les firmes proposent aux consommateurs des produits dolphin safe, « sans danger pour les dauphins ».
La mesure a-t-elle été efficace ? Certains en doutent et y voient d'abord un « bon coup » pour les producteurs nord-américains, qui faussent la concurrence en accusant le Mexique ou le Venezuela de « mauvaise pêche », en s'appropriant le monopole du marché du thon en conserve, dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 2 milliards de dollars.
On a tout de même inventé des techniques qui permettent aux thoniers d'exercer leur métier sans massacrer les cétacés. Certains dispositifs sonores font fuir ces animaux : émetteurs d'ultrasons ou de cris de panique, etc. On sait lester les filets de manière que leur sommet se trouve juste sous la surface et que les cétacés puissent sauter par-dessus avant de céder à la panique.
Encore faut-il que les pêcheurs ne haïssent pas viscéralement les dauphins ! C'est peut-être le plus difficile… Les mentalités bougent, mais l'époque n'est pas éloignée où le cétacé incarnait, pour le marin pêcheur, un concurrent « déloyal » et « vorace », un « nuisible », un « démon », une « créature de Satan » qu'il fallait éliminer par tous les moyens : filet, épieu, fusil, dynamite, appât empoisonné… Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
Lorsqu'un dauphin est piégé par un filet, certains pêcheurs préfèrent le mutiler afin de pouvoir le dégager plus aisément et éviter ainsi d'endommager leur coûteux matériel. Pour cacher toute trace de leur acte, certains d'entre eux n'hésitent pas à éventrer le dauphin et à le lester de pierres afin qu'il coule.
Attention ! Le but de la mise en ligne de ces textes n'est pas de dévaloriser le métier de Pêcheur mais seulement de dénoncer certaines pratiques et certains actes, tout le corps de métier n'est naturellement pas visé.
Les photos illustrant ce texte ont été reproduites avec l'aimable autorisation d'André PLANK : « Sauvons les dauphins » (pour suivre l'actualité des filets pélagiques) : http://www.sauvonslesdauphins.com/
Voici un texte issu du livre « La vie secrète des dauphins », de Yves PACCALET, qui traite d'un autre problème lié aux activités de pêche :
La pêche excessive à des fins de consommation humaine :
Une question décisive se pose désormais.
On peut la formuler crûment ainsi : même si nous protégeons les dauphins en tant qu'espèce, quel sera leur sort si, à cause de nos pêches excessives, nous vidons la mer de ses ressources alimentaires ?
Au milieu du XIXème siècle, à l'époque héroïque de la pêche à la morue en Islande et à Terre-Neuve, le chiffre annuel mondial des captures de poissons, mollusques et crustacés avoisinait 500 000 tonnes. En 1940, 20 millions de tonnes. En 1950, 40 millions. Aujourd'hui, 90 ! Quelques 5 millions de navires de pêche industrielle, de plus en plus puissants, de mieux en mieux équipés en moyens de capture (filets) et de détection (sonars, hélicoptères, images aériennes ou par satellites), écument les eaux jour et nuit.
On pille. On abuse. On outrepasse largement le « rendement maximum supportable » de l'océan. On ne se contente plus de prélever les intérêts : on attaque le capital. Plus de 80 pour 100 des bancs de poissons, de crustacés et de mollusques, calcule la FAO, sont d'ores et déjà surexploités. Et les 20 pour 100 qui restent se trouvent à la limite de la surexploitation. Des fonds jadis grouillants n'offrent plus de proies à l'appétit des carnivores. Les cétacés (comme aussi les pinnipèces, les requins et les autres superprédateurs : thons, marlins, voiliers, espadons…) commencent de mourir de faim. Une étude des tursiops de la mer Adriatique, en Croatie, montre que, alors que l'espèce passe d'ordinaire 10 pour 100 de son temps à chercher sa pitance, elle doit ici y consacrer 80 pour 100 de ses journées. Une cause de conflits et une quête épuisante, dans laquelle les petits sont les plus menacés – à la fois par la malnutrition et par les maladies de faiblesse qui l'accompagnent.
Les massacres de dauphins au Japon :

Voici un extrait du livre « Le cinquième rêve » de Patrice VAN EERSEL qui relate les massacres de dauphins au Japon :
… en 1977-1978, une affaire occupe la une des journaux américains : le massacre des dauphins d'Iki Island, au Japon. Ayant littéralement vidé leurs côtes de tout poisson, les pêcheurs japonais se sont retrouvés nez à nez avec d'immenses troupeaux de dauphins eux-mêmes affamés. Les pêcheurs ont décidé d'éliminer ces concurrents et, pour apitoyer leur gouvernement et obtenir les subventions, ils ont largement popularisé leur travail titanesque : la massacre, très laborieux, au corps à corps, de milliers de dauphins « parasites ».
Sitôt parvenue en Amérique, la nouvelle (et surtout les photos terribles d'une mer de sang où étouffent des milliers de « Flipper ») a fait l'effet d'une bombe émotionnelle. Des dizaines d'organisations de protection de la nature ont vivement protesté, menaçant de boycotter Honda, Japan Airlines et Sony, et des délégations entières d'écologistes ont commencé à défiler à Iki Island, à la stupéfaction des japonais, qui ignoraient que les « longs nez » adoraient les « cochons de mer » comme des dieux. Parmi les organisations en guerre contre les japonais (qui, par ailleurs, caracolent en tête des derniers grands massacreurs de baleines), Greenpeace cherche, comme à son habitude, une ruse. Et elle tombe sur Jim Nollman. Avec tout de suite cette idée lumineuse : envoyer ce musicien au Japon, pour qu'il diffuse, sous l'eau, des sons capables de faire fuir les dauphins au large, et leur éviter de se faire tuer.
Et c'est ainsi que, pendant plus de deux ans, le musicien va devenir militant écolo au Japon au lieu d'aller jouer de la musique avec les orques. Cet épisode est trop dense et trop complexe pour être raconté en détail. Jim en tirera de grandes tristesses et de grandes leçons. Sur les dauphins et sur les hommes. Au début, il aboutira à l'effet inverse de celui qu'il avait recherché, découvrant que, si vous envoyez à des dauphins l'enregistrement des cris de leurs congénères se faisant massacrer, ils ne fuient pas, ils accourent ! Par solidarité . Longuement, devant le spectacle monstrueux de ces grands animaux hypersensibles en train de se faire étriper, il s'interrogera sur leur capacité à se défendre. Les mêmes sont capables de prouesses contre les pires requins. Mais pas contre les hommes. Pourquoi ? Pourquoi n'utilisent-ils pas leur force prodigieuse contre ces bipèdes maladroits qui, lentement, les encerclent et finissent par les rejeter, à la main, les ailerons tranchés, sur la grève ensanglantée ?
… Finalement son intervention, notamment auprès du syndicat des pêcheurs japonais, aura été l'une des plus efficaces (son calcul du coût global du massacre des dauphins – image internationale négative incluse – comparé à son très faible bénéfice sera même repris par la presse nippone, pourtant plutôt xénophobe dans cette affaire). Et les massacres cesseront sur Iki Island. Pour reprendre un peu plus loin.
De nos jours, les massacres de dauphins au Japon sont toujours d'actualité. Plus d'informations disponibles sur le site Blue Voice : http://www.bluevoice.org/
La photo illustrant ce texte a été insérée avec l'aimable autorisation de Blue Voice.
Les exemples cités ci-dessus ne sont malheureusement pas des cas isolés :
A l'est de l'Amérique du Sud, la chasse aux petits cétacés demeure active, de l'Argentine au sud du Brésil et aux Caraïbes. Chaque année, au moins 7 000 à 10 000 dauphins (qui pourrait en donner le nombre exact ?) continuent d'être exterminés le long des côtes du Venezuela, du Guyana et du Surinam : une partie de leur chair est vendue sur les marchés locaux ; le reste est transformé en appâts pour la pêche aux requins.
Des prélèvements identiques sont courants dans les mers de l'Asie du Sud et du Sud-Est, notamment en Inde, en Birmanie, en Thaïlande, en Malaisie, en Indonésie, aux Philippines.
Aux îles Féroé, dans le nord de l'Ecosse, se déroule chaque année un sacrifice à la fois fascinant et lamentable…
Dans un rugissement de canots à moteur, on rabat vers la côte des bancs de globicéphales noirs (Globicephala melaena), qu'on coince dans une baie ou dans un port, derrière un filet. Le village entier prête la main au massacre, à la gaffe et au couteau, avec une exaltation meurtrière. Même les enfants frappent, frappent… La mer devient pourpre comme un tableau d'Apocalypse. Les animaux hurlent leur terreur. Plus de 2 000 cétacés peuvent périr ainsi en quelques heures de folie.
Depuis le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine, entré en vigueur en 1985-1986, les nations qui continuent de harponner jouent un jeu pervers. Non seulement elles ne respectent pas les décisions de la Commission Baleinière Internationale sur les cétacés à fanons et le cachalot (le Japon, la Norvège, l'Islande et quelques autres tuent des centaines de petits rorquals par an, sous le fallacieux prétexte de la « science », et ne se prive pas de braconner baleines franches, baleines grises, mégaptères et rorquals) ; mais elles se « vengent » sur les petits cétacés.
Ces derniers ne relèvent pas de la compétence de la CBI. Le Japon attaque ainsi sans vergogne, voire avec une manière de férocité, le joli marsouin noir et blanc de Dall (Phocoenoides dalli), dont il saigne environ 38 000 sujets en 1988 et 40 000 en 1989, avant de ramener le chiffre annuel des captures à 18 000 – faute de quoi la flotte nippone épuiserait l'espèce en quelques saisons.
Le sort des dauphins de rivière n'est hélas ! pas plus reluisant. Bien que protégé, le baïji du Yangzi se prend aux hameçons ou dans les filets des pêcheurs. Les susus, ou platanistes de l'Indus et du Gange, tout comme l'orcelle de Bornéo, finissent sous le couteau, puis dans l'estomac des villageois, qui recueillent aussi leur huile, précieuse car parée de toutes sortes de vertus médicinales ou aphrodisiaques. Malheur aux animaux (phoques, serpents, rhinocéros, tigres ou dauphins) dont une partie du corps est censée ranimer l'énergie ou la libido défaillante des individus de notre espèce !
Le dauphin rose et le dauphin gris d'Amazonie, comme le franciscain du rio de La Plata, endurent les mêmes peines, pour des illusions analogues . Source : « La vie secrète des dauphins » de Yves PACCALET.
Voici un extrait du livre de René VESTRI, « Le souffle de la mer » :
(NB : j'ai retranscrit le chapitre « Tueries autour du monde » dans son intégralité – avec l'autorisation de son auteur, René VESTRI, Président de SOS Grand Bleu : http://www.sosgrandbleu.asso.fr/ - car je n'ai pas pu me résigner à faire une sélection des faits relatés)
Une fois encore, je me pose cette question : l'homme est-il humain ?
Au regard d'événements se déroulant de par le globe, la réponse ne m'est toujours pas venue.
En 1993, par exemple, plus de 40 dauphins (tursiops truncantus), et un nombre considérable de globicéphales et de faux orques ont été parqués, puis tués dans le port de Peng'Hu à Taïwan .
Les autochtones, pour éliminer ces animaux, les font s'échouer sur le rivage et les embrochent par les yeux ou le ventre, ou les étouffent en bouchant leur évent (l'orifice respiratoire) avec une bouteille de soda.
Heureusement une équipe de protecteurs de la nature (Earth Trust) s'est rendue sur les lieux du massacre pour faire cesser cette ignoble activité, qui dure depuis plus de 200 ans, et informer les populations.
Depuis, les officiels interviennent à leur tour, leur projet étant de développer le tourisme en utilisant l'image positive du dauphin.
Juillet 1992, lors de la 44 ème Réunion de la Commission Baleinière Internationale, et au moment où une résolution en faveur des globicéphales allait être prise, une centaine de ces grands dauphins noirs était exterminée aux Iles Féroé.
Rabattus dans une crique, les chasseurs s'en donnaient à cœur–joie pour accomplir leur sale besogne.
Ils essayèrent à cette occasion une nouvelle méthode : au lieu de se servir de la gaffe (crochet métallique avec lequel on transperce le cétacé avant de l'égorger au couteau) ils employèrent des « claps » (grandes pinces destinées à saisir le corps de l'animal avant la saignée).
Les claps, invention digne de l'inquisition, ne firent que déchirer et entailler la peau des dauphins fous de douleur.
Il faut d'ailleurs que vous sachiez que les Iles Féroé (territoire Danois) chassent de la sorte depuis plus de 100 ans.
La viande de ces globicéphales n'est pratiquement plus consommée et pourtant leur traque s'intensifie : de 1980 à 1989, 20.728 d'entre eux ont été tués.
Leur population commence à être gravement menacée mais le Danemark refuse toujours d'imposer une réglementation, seul moyen d'enrayer cette chasse barbare et inutile, qui se répète année après année.
Au Sri Lanka, les pêcheurs ne sont pas très tendres non plus avec les dauphins.
Ils les exterminent, lorsqu'il se prennent dans leurs filets et les harponnent pour les vendre sur les marchés, les jours de mauvaise prise, ou pour les utiliser comme appâts en mer.
Les cadavres entortillés dans les rets seront découpés pour attirer les requins.
Raphaële Demandre est une jeune femme qui, caméra vidéo au poing, lutte pour la défense des cétacés.
Après avoir filmé des dauphins dépecés sur les quais, elle a contacté les médias pour secouer un peu l'opinion publique.
Cette dynamique demoiselle a même réussi à rencontrer les autorités politiques de cette île de l'Océan Indien : M.J Perera, Ministre des Pêches, et le Dr Kotogama, Ministre de l'Environnement.
Ceux-ci ont proposé un amendement pour protéger complètement les différentes espèces.
Raphaële s'est heurtée sur place à l'hostilité des marins, la police les ayant prévenus que tuer un dauphin était passible d'une amende de 250 roupies. Une peine bien légère quand on sait que la vente d'un animal entier rapporte de 600 à 2.000 roupies.
Aidée de l'ex-maire du coin qui déclara « si les dauphins peuvent sauver des vies humaines, alors les humains peuvent bien sauver des dauphins ! ». La jeune femme n'a cessé de multiplier les interventions à la télévision et auprès des ministères (notamment celui de l'Education pour inciter à ce qu'on parle des dauphins dans les livres d'histoire naturelle).
Malheureusement, en avril 1993, le Gouvernement Sri Lankais décide de ne pas interdire les massacres de cétacés.
L'Agence Nationale des Ressources Aquatiques (NARA) ayant déclaré que, d'après une étude, 5.000 dauphins seraient pris annuellement, et non 60.000 ou 90.000 comme l'estimaient de multiples organisations internationales.
Pour le « Wild-life and Nature Protection Society » (WNPS) cette enquête de la NARA a été influencée par des intérêts commerciaux.
« Si nous interdisons les tueries de dauphins, il nous faut alors renoncer à la pêche côtière et en haute mer, puisque les pêcheurs ne peuvent empêcher les dauphins de se prendre dans leurs filets. 20.000 tonnes de poissons seraient alors perdues », explique un fonctionnaire des pêches.
La NARA a poussé la mauvaise foi, jusqu'à prétendre que les stocks de poissons sont menacés par les dauphins qui, soit disant, en mangeraient 10.000 tonnes par an.
C'est faux et absurde, de tout temps l'homme et l'animal n'ont jamais été en concurrence, c'est la récente apparition des filets dérivants qui a entraîné le génocide des dauphins.
La convoitise démesurée de l'être humain est l'unique raison de sa vindicte contre les mammifères marins.
Dans le Pacifique tropical il n'est guère enviable, là aussi, d'être de la même famille que Flipper
Dans cette zone, et cela reste un grand mystère, les dauphins nagent au-dessus des bancs de thons albacores.
Les Américains, toujours avides de nouveautés, ont depuis 1957 créé la technique dite de la « pêche sur dauphins ». Mexicains et Vénézuéliens ont repris par la suite, cette méthode à leur compte.
Celle-ci est assez simple à comprendre : les pêcheurs repèrent les groupes de dauphins, ils les encerclent avec leurs sennes tournantes, puis remontent tout ce qui s'est laissé prendre.
De la sorte, depuis plus de 30 ans, ce sont 6 millions de dauphins qui ont été sacrifiés et classés dans la catégorie des « prises indirectes ».
La boite de thon à l'huile mérite-t-elle d'être payée d'un prix aussi exorbitant ?
Sam Labudde, un jeune biologiste, a sûrement dû penser le contraire, le jour où il a embarqué anonymement, déguisé en cuisinier sur un thonier.
Ses images, tournées discrètement, de dauphins écrasés par des treuils ou rejetés agonisants dans l'océan, ont fortement influencé le public américain.
Ces braves Yankees se sont mis à diminuer de plus en plus leurs achats en thon, jusqu'en avril 1990 quand les trois plus grosses conserveries des Etats-Unis se sont engagées à ne plus acheter de poisson, s'il était pêché en association avec les dauphins.
Ces entreprises s'auto-attribuèrent, dans la foulée, un label « dolphin-safe ».
Que firent les organisations de défense de la nature ?
Elles applaudirent toutes en cœur !
Mais en septembre de la même année, l'IATTC (Inter American Tropical Tuna Commission), responsable de la gérance des stocks de thon du Pacifique Est, se décide à adopter un programme de réduction de la mortalité des dauphins
Dans le même temps, les Etats-Unis qui, dans le cadre de leur législation, autorisent leurs pêcheurs à en tirer 20.500 par an, ce qui est déjà énorme, décident d'un embargo sur le thon du Vénézuela, de la Colombie et du Mexique, parce que ces pays « éliminent » bien plus de cétacés qu'eux !
Les mouvements écologiques, qui ne sont pas dupes, crient au scandale
Ils dénoncent cette politique protectionniste qui, sous le couvert de la défense de l'environnement, arrange surtout les thoniers nord-américains et leur donne un « sauf conduit vert » permettant de camoufler leurs activités destructrices.
C'est un peu comme lorsque les grands groupes chimiques, premiers pollueurs au monde, font de la publicité « écolo ».
La pression des associations sur le Gouvernement Américain ne cessera que le 8 octobre 1992, le Sénat adoptant alors « L'International Dolphin Conservation Act ».
Et depuis le 1 er mars 1994 :
interdiction de la prise sur dauphin,
levée de l'embargo, sur les pays alignant leur conduite sur le législation américaine,
accord de 3 millions de dollars, pour la recherche des techniques de pêches inoffensives pour les mammifères marins.
Toutes les exactions commises sur les animaux montrent que l'homme ne fait rien passer avant la satisfaction de ses besoins ou de ses envies
En beaucoup de lieux, lors de mes voyages, j'ai pu constater les cruelles initiatives mises en place pour récolter de l'argent.
Ainsi à l'Ile de Nias (au Nord-Ouest de Java) les Indonésiens se livrent à une odieuse activité.
Exploitant la sensibilité des touristes occidentaux, ils torturent publiquement des tortues de mer et proposent à ceux-ci d'acheter la liberté des pacifiques reptiles.
Emus par les animaux dont on attache les nageoires avec du fil de fer et qu'on laisse agoniser sur le dos, en plein soleil, les vacanciers payent les bourreaux, lesquels s'empressent de recapturer leurs proies quelques minutes après les avoir relâchées.
En Indonésie toujours, ainsi qu'en Thaïlande, le même manège s'effectue avec des oiseaux.
De plus, la viande de dauphin est vendue sur les ports et les pêcheurs s'amusent à sauter fièrement, à pieds joints sur les cadavres des cétacés.
Greenpeace et Peter Gill ont lancé une campagne pour faire cesser ces ignobles pratiques.
La pauvreté incite peut-être à plus de dureté envers la nature mais tous les comportements ne sont pas excusables.
Il ne faut pas, à la lecture des quelques pages qui précèdent, déduire de ma part une farouche hostilité, à l'encontre de l'ensemble des pêcheurs
Je m'élève uniquement contre certains moyens mis à leur disposition (les filets dérivants) et contre une certaine race d'hommes.
Une race de « bouchers » qui ne mérite même pas le qualificatif d'humain.
Introduction - A - C - E - I - J - O - S - Conclusion